Croix
Vert | 28eme de l'année A

Tout est prêt : la grâce est donnée, à nous de la faire fructifier

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« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce »—
bookmark Mt 22, 1-14
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Tout est prêt : la grâce est donnée, à nous de la faire fructifier

Méditation. 28eme Dimanche Ordinaire A. 11/10/26. De la férie. La couleur Liturgique est le blanc. Psautier Sem. IV.

Bien chers frères et sœurs,

La liturgie de ce dimanche nous révèle une vérité fondamentale de la vie spirituelle : Dieu prend l'initiative de nous faire grâce, et il attend notre réponse à son don. La vie chrétienne commence ainsi non par notre performance mais par l'initiative de Dieu. Il offre sa grâce pour qu'elle soit accueillie. La grâce accueillie doit être assumée. Et la grâce assumée doit devenir une vie toute transformée, féconde et rayonnante. La table est dressée. L'invitation est lancée. Tout est prêt : la grâce est donnée, à nous de la faire fructifier !

Dieu a pris les devants. Il nous a aimés avant même que nous sachions l'aimer. Il nous a donné la vie, l'intelligence, des talents, une terre et des ressources. Nous n'avons pas créé tout cela. Nous l'avons reçu gratuitement. Voilà la grâce ! Mais une question nous est posée: que faisons-nous de ce que Dieu nous a donné ? Car la grâce n'est pas un salaire à mériter. Elle est un don à accueillir. Elle n'est pas non plus un trésor à enfouir. Elle est une semence à faire fructifier. Dieu a déjà fait sa part. Et la nôtre, quelle est-elle ?

Par le prophète Isaïe, Dieu annonce un festin pour tous les peuples. Il veut essuyer les larmes. Il veut faire disparaître l'humiliation. Il veut ouvrir un avenir à ceux qui n'en voient plus. Voilà le cœur de Dieu ! Il ne se réjouit pas de la faim de ses enfants. Il ne peut pas être glorifié par l'humiliation de ceux qu'il a créés. Le festin est préparé pour tous.

Alors, comment accepter que certains vivent dans l'abondance pendant que d'autres manquent du nécessaire ? Comment célébrer le Dieu de tous en oubliant une multitude de ses enfants ? La pauvreté qui dégrade la dignité humaine est un cri qui interpelle notre foi. Le pauvre n'est pas un décor de notre société. Il est un frère. Il n'est pas seulement l'objet de notre compassion. Il est aussi une personne à respecter, à écouter et à aider à retrouver les moyens de prendre sa place.

Chrétiens, réveillons-nous ! Nous pouvons multiplier les prières, les célébrations et les discours sur la grâce. Mais que deviennent nos prières si elles ne nous rendent pas plus solidaires ? Que vaut notre communion si nous restons indifférents à ceux qui ont faim ? Que vaut notre foi si nous refusons de partager ce que nous avons reçu ? La multitude des pauvres ne doit jamais devenir une réalité banale. Elle nous oblige à examiner nos choix personnels et nos responsabilités collectives.

Il ne s'agit pas d'accuser indistinctement chacun de toute la misère du monde. Il s'agit de refuser l'indifférence et de combattre ce qui prive les personnes de leur dignité. Une foi qui ne change rien à notre manière de traiter les pauvres doit se laisser interpeller par l'Évangile. Le festin de Dieu nous appelle à bâtir une société où les biens, les compétences et les possibilités servent davantage la vie de tous.

Pourtant, dans l'Évangile, les invités refusent de venir. Les uns partent à leur champ. Les autres à leur commerce. Leurs occupations ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Le drame, c'est qu'elles deviennent plus importantes que l'appel du roi. Voilà notre danger ! Nous sommes tellement occupés que nous ne répondons plus à l'essentiel. Nous avons des talents, mais nous les laissons dormir. Des compétences, mais nous ne les mettons pas au service des autres. Des responsabilités, mais nous les exerçons parfois pour nos seuls intérêts.

Nous demandons toujours davantage à Dieu, sans nous demander ce que nous faisons de ce qu'il nous a déjà donné. Le problème n'est pas toujours l'absence de ressources. C'est parfois l'absence de vision, de courage, de solidarité ou de volonté de les faire fructifier. Ne laissons pas nos préoccupations légitimes étouffer notre responsabilité spirituelle et sociale !Cette Parole porter un vent d'espérance pour nos pays et nos sociétés souvent considérés comme pauvres.

Ne nous résignons pas à être définis uniquement par ce qui nous manque ! Regardons aussi ce que nous avons : nos terres, nos eaux, notre biodiversité, notre jeunesse, nos cultures, nos savoir-faire, notre créativité et nos capacités de solidarité. Ces ressources ne résolvent pas automatiquement nos difficultés. Encore faut-il les protéger, les développer et les gérer avec justice.

Il faut former les jeunes, valoriser le travail, soutenir les initiatives, encourager l'innovation et lutter contre la corruption, le gaspillage et les divisions. Il faut créer des conditions permettant à chacun de déployer ses talents. Un peuple ne retrouve pas sa dignité en attendant éternellement que d'autres construisent son avenir à sa place. Il la retrouve aussi en découvrant et en mobilisant les ressources dont il dispose, avec courage, intelligence et solidarité. La Providence n'est pas une invitation à croiser les bras. Elle est un appel à nous lever !

Saint Paul nous donne alors cette parole de force : « Je peux tout en celui qui me donne la force. » Il ne promet pas une réussite facile. Il témoigne de la force du Christ qui lui permet de rester fidèle dans l'abondance comme dans la privation. Voilà la foi qui fait avancer ! Une foi qui prie et qui travaille. Une foi qui espère et qui entreprend. Une foi qui reconnaît les obstacles sans leur abandonner le dernier mot.

À nos jeunes découragés, disons : vos difficultés ne résument pas votre avenir ! À nos familles éprouvées, disons : ne renoncez pas à l'espérance ! À nos responsables, disons : les biens qui vous sont confiés sont une responsabilité, pas un privilège à exploiter ! À nos communautés chrétiennes, disons : la grâce reçue doit devenir une force de relèvement. Dieu nous donne sa force, mais il nous demande d'engager nos mains, notre intelligence, notre courage et notre liberté.

Jésus nous révèle ensuite l'immense ouverture du cœur de Dieu. Puisque les premiers invités refusent de venir, les serviteurs doivent aller aux croisées des chemins. Ils invitent tous ceux qu'ils trouvent, les mauvais comme les bons. Quelle espérance ! Personne ne doit être enfermé dans son passé, sa pauvreté ou son exclusion. L'invitation de Dieu ouvre une porte nouvelle. À notre tour, ouvrons nos portes ! Donnons aux jeunes des possibilités de formation et d'engagement. Aidons les familles à se relever.

Accueillons les personnes fragilisées sans les réduire à leur misère. Permettons à chacun de contribuer selon ses capacités. La solidarité ne consiste pas seulement à donner quelque chose à celui qui manque. Elle consiste aussi à lui permettre de retrouver sa place et de devenir acteur de son avenir. Le véritable développement ne fait pas seulement des bénéficiaires : il fait grandir des personnes capables de créer, de servir et de partager.

Mais attention ! L'Évangile nous parle aussi de l'homme sans vêtement de noce. Il a reçu l'invitation, mais il n'a pas assumé ce qu'elle implique. Voilà l'avertissement ! Il ne suffit pas d'être chrétien de nom. Il faut vivre en disciple. Il ne suffit pas de parler de partage. Il faut partager. Il ne suffit pas de dénoncer la corruption. Il faut refuser les pratiques malhonnêtes, même lorsqu'elles nous arrangent. Il ne suffit pas de réclamer la justice. Il faut agir avec justice dans nos familles, nos communautés et nos lieux de travail.

Le vêtement de noce représente cette vie progressivement transformée par l'Évangile. Nous ne gagnons pas la grâce par nos mérites. Mais nous ne pouvons pas prétendre l'accueillir tout en refusant systématiquement de changer. La grâce est gratuite, mais elle n'est pas stérile. Elle nous transforme pour que nos actes deviennent cohérents avec notre foi.

Alors, que chacun se pose une question concrète : quel don suis-je en train de laisser dormir ? Quelle compétence puis-je mettre au service de ma communauté ? Quelle initiative puis-je prendre pour aider un jeune à avancer ? Quelle personne puis-je relever ? Quelle injustice puis-je contribuer à combattre ? Quelle habitude dois-je changer pour mieux servir le bien commun ? Ne disons plus seulement : « Seigneur, donne-nous ! » Disons aussi : « Seigneur, apprends-nous à faire fructifier ce que tu nous as déjà donné ! »

Que nos familles deviennent des écoles de partage. Et nos communautés, qu'elles deviennent des foyers de solidarité et d'initiative. Que nos Églises encouragent la formation,le travail digne, la responsabilité. Que nos sociétés veillent à transformer leurs ressources en possibilités réelles pour tous. La grâce de Dieu n'est pas une excuse pour attendre. Elle est une force pour nous lever, créer, servir, réparer et construire.

Frères et sœurs, le festin est prêt ! Dieu nous a donné la vie. Il nous appelle à la communion. Il nous confie des talents et des ressources. Il nous donne, dans le Christ, la force d'avancer. Ne laissons pas cette grâce devenir stérile. Ne laissons pas la pauvreté nous voler l'espérance, ni l'abondance nous voler le sens du partage. Ne laissons pas nos prières contredire nos actes. Levons-nous ! Formons-nous ! Travaillons avec honnêteté ! Partageons avec générosité ! Administrons avec justice !

Engageons-nous pour que chacun puisse vivre dans la dignité. Alors, nos ressources deviendront des bénédictions partagées. Nos communautés deviendront des signes de communion. Et notre foi contribuera à transformer notre monde. La grâce est déjà donnée. L'invitation est déjà lancée. À nous maintenant d'y répondre de tout notre cœur, pour que le don reçu devienne une source de vie pour tous, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

PRIONS :

Seigneur Jésus,

Merci pour toutes les grâces que tu nous donnes. Pardonne-nous nos négligences, nos peurs et nos indifférences. Réveille en nous le courage d’agir. Apprends-nous à faire fructifier nos talents, à valoriser nos ressources, à partager avec les plus pauvres et à travailler pour le bien de tous. Que nous ne soyons jamais des bénéficiaires passifs de ta grâce, mais des artisans de vie, de justice et de communion. Seigneur, tu as tout préparé : nous voici, envoie-nous et rends-nous féconds !
Toi sui vis rt tegnes zvev le Père et l'Esprit Saint, pour les dievles dans fin. Amen.

P. Vital NKENLIFACK ssc,
Frère Missionnaire de Cana.

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