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Père Vital
Blanc | Vendredi, de la férie; 20e Semaine Ordinaire A; Psautier sem; IV · Memoire de Saint Pie X, Pape
vendredi 21 août 2026

Là où tout le monde annonce la fin, sois celui par qui Dieu annonce un nouveau commencement

« Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur de vos tombeaux je vous ferai remonter, ô mon peuple »

— Ez 37, 1-14

Frères et sœurs bien-aimés,

La Parole de Dieu nous conduit aujourd’hui au cœur des situations les plus meurtries, dont la plupart font la dure expérience. Ce sont des vies qui ont perdu leur espérance, des vocations découragées, des familles épuisées, des communautés divisées, des personnes debout de l'extérieur mais dont le cœur s'est intérieurement desséché. «Là où tu ne vois que des ossements, Dieu voit encore une armée. » Là où tout le monde annonce la fin, sois celui par qui Dieu annonce un nouveau commencement.

Au prophète Ezekiel que l'Esprit avait porté au milieu d’une vallée remplie d’ossements desséchés, Dieu avait posé une question déroutante : « Ces ossements peuvent-ils revivre ? » Ézékiel ne répond ni oui ni non : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! » Voilà la première attitude de la foi : ne pas enfermer Dieu dans ce que nous voyons. Ce que toi tu appelles “fini”, Dieu peut encore l’appeler “commencement”. Ce que tu crois définitivement mort peut encore recevoir le souffle de Dieu.

Mais remarquons bien : Dieu ne dit pas à Ézékiel de regarder les ossements et de les plaindre. Il lui dit : « Prophétise sur ces ossements! » Autrement dit: ne te contente pas de constater la mort, annonce la vie ! Il y a des situations dans lesquelles nous avons trop longtemps parlé le langage de la fatalité : « Cette personne ne changera jamais», «cette famille est perdue », « cette communauté ne se relèvera plus », « cette vocation est terminée », « notre Église n’a plus d’avenir. »

Aujourd’hui le Seigneur nous interpelle : cesse de prophétiser la mort ! Prophétise la vie ! Mais prophétiser ne signifie pas nier la réalité. C’est regarder la réalité avec les yeux de Dieu et oser croire que sa Parole est plus forte que nos tombeaux.C'est bien déjà ce que Marie nous enseigne à Cana, face au manque de vin qui risque de faire échouer la fête des noces. Elle pose un regard différent, plein d'espérance sur la situation, et oriente vers Jésus : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le ».

Mais les ossements se sont reconstitués, sont devenus des corps, mais « il n’y avait pas d’esprit en eux».C'est un avertissement puissant : on peut avoir une structure sans vie, une activité sans feu, une religion sans conversion, des prières sans amour, des œuvres nombreuses mais sans l’Esprit,des communautés nombreuses mais sans communion. Dieu ne veut pas seulement nous remettre debout extérieurement ; il veut nous rendre vivants intérieurement.

Et Jésus nous révèle comment reconnaître cette vie : aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit, et aimer son prochain comme soi-même. Le signe que l’Esprit est réellement revenu dans nos vies n’est donc pas seulement que nous parlons de Dieu, mais que nous devenons capables d’aimer davantage, de pardonner, de servir, de nous donner, de sortir de nous-mêmes. En ce sens, il nous fait découvrir aussi le potentiel énorme de vie qui est en nous, depuis la création, et par le baptême.

Aujourd’hui, pour toi le Seigneur veut donc faire trois choses : ressusciter ce qui est desséché, remplir de son Esprit ce qui est devenu mécanique, et transformer des individus dispersés en une armée debout. Ne dis plus : « Il n’y a plus rien à faire. » Au contraire, mets-toi à la disposition de Dieu. Ne demande pas seulement : « Seigneur, bénis-moi » ; demande : « Seigneur, fais de moi un instrument de relèvement. » Il faut bien te convaincre que ta situation n'a pas le dernier mot face à la Parole puissante de Dieu.

Peut-être que tes ossements desséchés que Dieu veut relever aujourd’hui, c’est ton espérance, ton mariage, ta vocation, ton zèle apostolique, ta relation avec quelqu’un ou ta communauté. Et peut-être qu’après t’ avoir relevé, Dieu veut se servir de toi pour relever quelqu’un d’autre. Lève-toi donc ! Et Reçois le souffle de l’Esprit ! Aime en vérité et concrètement ! Et là où tout le monde annonce la fin, sois donc celui par qui Dieu annonce un nouveau commencement, pour sa seule gloire et le salut du monde.

PRIONS :

Seigneur mon Dieu,

En ce jour je te présente mes « ossements desséchés » : tout ce qui en moi a perdu vie, espérance, courage ou amour.
Souffle sur moi ton Esprit Saint !
Relève ce qui est tombé, ranime ce qui est éteint et ressuscite ce que je croyais définitivement perdu.
Je renonce désormais aux paroles de découragement, de fatalité et de mort.
Fais de moi un prophète de vie, un artisan de relèvement et un serviteur de communion.
Apprends-moi à t’aimer de tout mon cœur et mon prochain concrètement, afin que ma vie devienne un témoignage de ta puissance.
Seigneur, me voici : relève-moi, remplis-moi de ton Esprit et envoie-moi relever d’autres vies.
Que là où je passerai, l’espérance renaisse.
Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen !

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Vital NKENLIFACK

1 heure, 13 minutes

« Aime et fais ce que tu veux » Méditation. Vendredi 28/08/26. De férie. St Augustin, évêque et docteur de l'Eglise. Solennité . La couleur liturgique est le blanc. Psautier sem. I. Frères et sœurs bien-aimés, En la solennite de Saint Augustin laissons- nous éclairer par sa sagesse. Il nous porte à vouloir ce que Dieu commande, à aimer comme Dieu veut, à produire de véritables fruits d'amour.Celui qui aime véritablement en effet, ne peut vouloir n’importe quoi. En lui l’amour devient le critère, la boussole et la mesure de ses choix. Nous avons été créés par amour, pour vivre dans l’amour et pour produire des fruits d’amour.Sans nous encourager à faire n’importe quoi, laissons- le nous dire: « Aime, et fais ce que tu veux ! » Jésus nous ramène à l’essentiel : « Aimez- vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Pas comme on en as envie. Pas seulement quand l’autre le mérite. Comme Jésus nous a aimés. Et comment Jésus nous a-t-il aimés? Il l'a fait Jusqu’au don de lui-même. En effet : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Alors demandons-nous très concrètement : à qui dois-je redonner une place dans mon cœur ? À qui dois-je demander pardon ? Quel sacrifice d’amour le Seigneur me demande-t-il aujourd’hui ? « Aime, et fais ce que tu veux ! » Mais alors comment comprendre et observer ceci ? Il nous faut, avant toute ambition, décision, option, parole, posons-nous toujours cette question : « Est-ce que ce que je choisis vient de l’amour etpeut produire davantage d’amour ? » Si oui, avançons avec liberté ; si non, même si cela paraît légitimement à envisager, efficace ou avantageux, ayons le courage d’y renoncer. Rien ne doit justifier que l'on compromette l'amour par le péché, même si c'est pour un plus grand bien. C'est une consigne de vie : AIME ! Aime Dieu, aime la vérité, aime la vie, aime ton peuple, aime ton Église, aime ta famille, aime celui qui est différent de toi, aime même celui qui t’a blessé. Et ensuite : « fais ce que tu veux », parce que ton vouloir aura été transformé par l’amour. L’amour est notre unique boussole, notre principe de discernement, la mesure de l’autorité, notre critère pastoral, notre manière de lire les traditions, notre réponse aux défis du monde, la vérité dans toute vocation. Aimer, c’est devenir créatif ! L’amour reçu de Dieu ne nous rend pas passifs.Il invente des chemins nouveaux, il réconcilie ce qui était divisé, il fait relever ce qui était tombé, il protège ce qui est fragile, construit ce qui demeure et transforme les blessures en sources de fécondité. Une famille qui aime invente des chemins pour demeurer unie ; une communauté qui aime trouve des solutions plutôt que des coupables ; une Église qui aime cherche comment rejoindre ceux qui sont loin ; une société qui aime refuse de sacrifier l’homme à l’argent, au pouvoir, aux idéologies ou aux intérêts particuliers. Là où l’amour est vivant, la créativité se fait service et le service devient fécondité. Par amour, nous sommes aussi appelés à un discernement prophétique. Dans la société où tant de repères se brouillent,il nous faut retrouver les traditions ancestrales saines et les identités culturelles authentiques qui portent la dignité, la solidarité, la famille, la responsabilité communautaire, l’hospitalité et le respect de la vie. Mais tout ne peut et ne doit être conservé au seul nom de la tradition.L’Évangile de l’amour doit purifier, accomplir et transfigurer nos cultures. De même, tout ce qui, dans la modernité, est présenté comme progrès ne doit pas être accepté aveuglément. Lorsque les lumières de l’Évangile sont éclipsées par des structures de péché qui banalisent le mépris de la personne ou ce qui détruit la dignité humaine, font tolèrer les injustices, la corruption,la violence,l’exploitation, alors aimer véritablement signifie bien résister, dénoncer, combattre et proposer une alternative. La charité n’est pas tolérance passive du mal : elle est le courage de protéger le bien et de libérer l’homme. Dans l’Église même, quand nous avons été choisis pour aimer et porter du fruit, nous ne voyons plus aucune vocation comme un profil de carrière. Le sacerdoce, la vie consacrée, les responsabilités ecclésiales ne sont ni des marches vers le pouvoir, ni des titres à conquérir, ni des positions à défendre. Là où commencent les luttes de pouvoir, les positionnements, les rivalités, les jalousies, quelque chose de l’Évangile est déjà en train de s’éteindre. L’amour est vivant, là où créativité devient service et le service devient fécondité. Jésus ne dit pas : « Je vous ai choisis pour que vous dominiez », mais : « Je vous ai choisis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Le véritable critère d'une vocation n'est donc pas : « Quelle place vais-je obtenir ? », mais : « Qui vais-je pouvoir aimer, servir, relever et conduire à la vie ? »Nous n’avons pas été créés pour occuper une place, mais pour porter du fruit. Pas pour être servis, mais pour aimer et servir. Pas pour laisser derrière nous un titre, mais une trace d’amour. « Si tu aimes vraiment, invente !Construis ! Réconcilie ! Résiste au mal ! Relève ! Sers ! Porte du fruit ! » Car finalement, le monde ne reconnaîtra pas que nous sommes disciples du Christ à nos positions, à nos titres ou à nos discours, mais à la qualité de l’amour que nous aurons semé. Aime donc. Parce que tu aimes véritablement, fais ce que tu veux, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde. PRIONS : Seigneur Jésus, Mets ton amour dans nos cœurs et fais de nous des artisans d’amour, de vérité et de vie. Donne-nous le courage de combattre ce qui détruit l’homme, de préserver ce qui est beau et vrai dans nos traditions, et de purifier tout ce qui doit l’être par la lumière de l’Évangile. Délivre ton Église des rivalités, des ambitions et des luttes de pouvoir ; restaure la sainteté de toute vocation. Que nous ne cherchions plus des places, mais des fruits ; non pas à être servis, mais à aimer et à servir. Saint Augustin, prie pour nous : que l’amour devienne notre seule boussole ! Et puisque nous aimons, Seigneur, apprends-nous à oser, à créer, à construire et à faire ce que l’amour véritable nous inspirera. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen. P. Vital NKENLIFACK ssc Frère Missionnaire de Cana. TEXTES DE LA MESSE DU JOUR « Tu as pitié de tous les hommes, parce que tu aimes tout ce qui existe »— Sg 11, 20c–12, 2 Lecture du livre de la Sagesse Seigneur, tu as tout régléavec mesure, nombre et poids. Car ta grande puissance est toujours à ton service,et qui peut résister à la force de ton bras ? Le monde entier est devant toicomme un rien sur la balance,comme la goutte de rosée matinalequi descend sur la terre. Pourtant, tu as pitié de tous les hommes,parce que tu peux tout.Tu fermes les yeux sur leurs péchés,pour qu’ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe,tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ;si tu avais haï quoi que ce soit,tu ne l’aurais pas créé. Comment aurait-il subsisté,si tu ne l’avais pas voulu ?Comment serait-il resté vivant,si tu ne l’avais pas appelé ? En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi,Maître qui aimes les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous.  Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu,tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent,pour qu’ils se détournent du malet croient en toi, Seigneur.  – Parole du Seigneur. Psaume— Ps 144 (145), 8-9, 13cd-14, 15-16, 17-18 R/ Tous les êtres m’ont dit : « C’est Dieu qui nous a faits. » Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit, fidèle en tout ce qu’il fait. Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés. Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait. Il est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité. « Aime et fais ce que tu veux. »— 1 Jn 4, 7-16 Lecture de la première lettre de saint Jean Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. – Parole du Seigneur. « Aimez-vous les uns les autres et vous demeurerez dans mon amour »— Jn 15, 9-17 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Acclamation : Alléluia. Alléluia. Seigneur, donne ce que tu commandes, et commande ce que tu veux Alléluia.— S. Augustin En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. » – Acclamons la Parole de Dieu.