Il y a un temps pour chaque chose… mais tout doit conduire au Christ
« Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup »—
Il y a un temps pour chaque chose… mais tout doit conduire au Christ
Freres et sœurs bien-aimés,
La Parole de Dieu nous invite aujourd'hui à entrer dans le temps de Dieu, avec le Christ au centre. Nous voudrions que Dieu fasse tout à notre rythme: que la graine devienne arbre immédiatement, qu'immédiatement l’épreuve disparaisse,que la promesse faite s’accomplisse immédiatement. Mais Dieu travaille dans le temps. Et le discernement spirituel consiste à reconnaître le temps de Dieu. Il y a des saisons que Dieu ouvre, et d’autres qu’il nous demande de fermer. Il y a un temps pour chaque chose… mais tout doit conduire au Christ.
Qohèleth nous rappelle cette vérité que nous oublions souvent : « Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel. » Tout ce qu'on souhaite n'est n’est pas pour aujourd’hui. Et tout ce qui arrive aujourd’hui n’est pas destiné à rester demain. Il y a un temps pour planter, mais aussi un temps pour arracher ; un temps pour pleurer, mais aussi un temps pour danser ; un temps pour garder, mais aussi un temps pour jeter ; un temps pour se taire, mais aussi un temps pour parler.
Et c’est précisément là que l’Évangile nous conduit. Jésus demande : « Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond : « Tu es le Christ, le Messie de Dieu. » Mais immédiatement Jésus révèle quelque chose que Pierre n’attendait pas : le Messie doit souffrir, être rejeté, mourir et ressusciter. Autrement dit : Pierre connaît le titre de Jésus, mais il doit encore découvrir son chemin. Il lui est donné de reconnaître le Christ, mais il doit apprendre que le Christ passe par la Croix. Il faut vivre chaque événement de notre vie les yeux fixés sur le Christ.
Là est notre difficulté : nous voulons bien souvent le Dieu de la résurrection sans le Dieu de la Croix, la promesse sans suivre le processus, la gloire sans le don de soi. Mais Jésus nous dit aujourd’hui : si tu veux comprendre ce que Dieu fait dans ta vie, ne juge pas l’œuvre de Dieu avant d’en avoir vu la fin. Ne pleure pas toujours sur ce que Dieu est en train de retirer de ta vie. Il y a des pertes qui sont des élagages en réalité Certaines fins sont les accouchements douloureux d’un commencement nouveau.
Il y a donc un temps pour mourir à quelque chose. Peut-être est-il temps de mourir à une vieille manière de penser, à une blessure entretenue, à une relation devenue toxique, à une habitude qui nous éloigne de Dieu, à la peur, à l’orgueil, au besoin de tout contrôler. Il y a un temps pour arracher afin de pouvoir planter. Il y a un temps pour lâcher afin de pouvoir recevoir. Il y a un temps pour fermer une porte afin que Dieu puisse en ouvrir une autre.
Mais attention : discerner le temps de Dieu ne signifie pas subir passivement les événements. Le psaume nous donne la posture juste : « Béni soit le Seigneur, mon rocher ! » Quand tout change autour de toi, Dieu demeure ton rocher. Quand les saisons changent, ne change pas de Dieu ! Quand tu ne comprends pas ce qu’il fait, continue de lui faire confiance. Tu ne peux pas embrasser toute l’œuvre de Dieu « du début jusqu’à la fin », dit Qohèleth ; mais tu peux lui remettre l’étape que tu traverses aujourd’hui.
Peut-être que tu ne comprends pas ton histoire; Dieu, lui, en connaît le fil. Peut-être que tu ne vois pas encore le fruit ; continue de planter. Peut-être que tu traverses une nuit ; ne conclus pas que Dieu est absent : l’aube appartient aussi à Dieu.Ne demande pas seulement : « Seigneur, quand ma situation va-t-elle changer ? » Demande plutôt : « Seigneur, qu’est-ce que tu veux faire naître en moi dans cette saison ? » Dieu est en train de changer les saisons de ta vie. Mais pour entrer dans la nouvelle saison, il faudra accepter de ne pas emporter avec toi tout ce qui appartenait à l’ancienne.
Alors aujourd’hui, posons-nous une question très concrète : « Seigneur, quel est le temps que tu me demandes de vivre maintenant ? » Est-ce le temps de parler ou de me taire ? De persévérer ou de lâcher ?De commencer ou de terminer ? De servir ?De pardonner ? De prendre une décision ?De me convertir ? De reconstruire ? Ne demande pas seulement à Dieu de changer ta situation ; demande-lui de te révéler ce que cette saison veut produire en toi.
Il y a un temps pour planter, et un temps pour arracher. Il y a un temps pour pleurer, et un temps pour danser. Il y a un temps pour mourir, et un temps pour ressusciter. Et au centre de tous ces temps se tient le Christ : mort et ressuscité. Ne fuis donc pas le temps que Dieu te fait traverser. Vis-le avec foi, traverse-le avec courage, offre-le avec amour. Car entre les mains de Dieu, même une saison difficile peut alors devenir une saison de grâce, pour sa seule gloire et le salut du monde.
PRIONS :
Seigneur,
Donne-nous la grâce de reconnaître ton temps.
Apprends-nous à planter quand il faut planter, à arracher quand il faut arracher, à parler quand il faut parler et à nous taire quand il faut nous taire.
Donne-nous le courage de laisser mourir ce qui doit mourir et la foi d’accueillir ce que tu fais naître.
Que nous ne résistions plus aux saisons que tu permets, mais que nous découvrions ta grâce au cœur même de chacune d’elles.
Tu es notre Rocher : conduis-nous de la Croix à la Résurrection, de l’ancienne saison à la nouvelle, de la peur à la confiance, de la stérilité à la fécondité.
Au nom de Jésus Christ notre Seigneur. Amen.
P. Vital NKENLIFACK ssc,
Frère Missionnaire de Cana.
Communauté de Prière
Partagez vos intentions, vos grâces reçues et vos prières avec la communauté.
Déposer un message ou une intention
Votre nom est facultatif, vous pouvez prier et témoigner anonymement.
Soyez le premier à partager une intention de prière ou un témoignage…