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Père Vital
Rouge | 21 e Semaine Ordinaire A · Martyre de Saint Jean-Baptiste
samedi 29 août 2026

Renonçons avec fermeté à tout ce qui emprisonne la vérité.

« « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste »— Mc 6, 17, 29 »

— Mc 6, 17, 29

Renonçons avec fermeté à tout ce qui emprisonne la vérité.

Méditation. Samedi 29/08/26. Martyre de St Jean-Baptiste, mémoire. 21e semaine Ordinaire A. Psautier sem.I. La couleur liturgique est le rouge.

Frères et sœurs bien-aimés,

Les textes de la Messe du martyre de saint Jean-Baptiste mettent ensemble deux réalités qui semblent contradictoires : Dieu choisit ce qui est faible, et pourtant il demande à ceux qu’il choisit de devenir forts dans la vérité jusqu’au témoignage suprême. Jean-Baptiste en est l’illustration saisissante. Car le plus grand danger n'est pas d'être faible devant les hommes. Le plus grand danger est d'être fort devant les hommes et faible devant Dieu. Renonçons avec fermeté à ce qui emprisonne la vérité.

Jean-Baptiste n’avait ni palais, ni armée, ni fonction politique. Il était dans une prison, sans défense, face à Hérode. Et pourtant, paradoxalement, le prisonnier est l’homme libre et le roi est l’homme prisonnier : Jean est prisonnier dans son corps, Hérode est prisonnier de sa peur, de son désir, de son orgueil, de son entourage et de sa parole irréfléchie. Herode est prisonnier parcequ'il emprisonne la vérité. Jean-Baptiste, libre par la vérité qu'il porte et défend, est faible devant les hommes, puissant devant Dieu.

Jean avait dit à Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Ce n’est pas une provocation gratuite. Jean ne cherchait pas à humilier Hérode. Il avait accomplit sa mission prophétique : dire la vérité même lorsqu’elle coûte cher. Et voici le drame : Hérode sait que Jean est juste et saint. Il l’écoute même avec plaisir. Mais écouter la vérité n'est pas encore lui obéir. Il est. Hérode est partagé: il respecte Jean, mais il ne veut pas perdre Hérodiade ; Jean le séduit, mais sa convoitise le détruit.

Hérode reconnaît la vérité, mais il préfère la faveur des hommes. C'est là le danger d'une conscience divisée : elle entend Dieu, mais elle négocie avec la vérité. C'est une réalité très actuelle parmi nous : on aime bien écouter la Parole mais sans accepter qu'elle nous transforme. On admire bien un prophète mais on continue à vivre comme avant, contrairement à ce qu'il annonce. On applaudit l'Évangile le dimanche mais sans renoncer à ce que l'Évangile condamne, et sans prendre la décision de nous convertir.

Hérode avait le pouvoir de sauver Jean ; or il n'avait pas la liberté intérieure de lui faire justice.Il était roi extérieurement et esclave intérieurement. Il s'était fait prisonnier de son serment en public. Tant de mauvaises décisions sont prises simplement parce que nous avons peur de ce que les autres vont penser. On détruit parfois une relation parce qu'on veut sauver son honneur.On se tait devant l'injustice parce qu'on évite des problèmes. On renonce à une conviction parce que quelqu'un nous regarde.

Le monde mesure la réussite par ce que l'on possède, par le nombre de personnes qui nous suivent, par notre influence et notre capacité à nous imposer. Dieu le fait autrement. Il nous dit : « Es-tu resté fidèle ? As-tu aimé la vérité ? As-tu gardé ton cœur libre ? As-tu accompli la mission que je t'ai confiée ? » La vraie victoire n'est donc pas de survivre. La vraie victoire est de ne pas trahir ce que Dieu nous a confié, même si cela coûte. Jean perd sa tête par fidélité, mais Hérode perd son âme par cupidité.

St Paul renverse nos critères de réussite : Dieu ne choisit pas nécessairement les puissants, les brillants, les influents, riches, ou ceux qui ont une position reconnue. Il choisit « ce qu’il y a de faible », « ce qui est méprisé », « ce qui n’est pas ». Pourquoi ? Pour que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu. La faiblesse dont parle Paul n’ est pas la médiocrité, l'irresponsabilité ou la paresse. C’est la conscience humble que je ne suis pas ma propre source. Celui qui sait qu’il dépend de Dieu devient disponible à sa puissance.

Aujourd'hui, le Seigneur nous dit:«Ne crains pas d'être petit si je suis avec toi. Ne crains pas d'être faible : ma grâce te suffit. Ne crains pas de perdre quelque chose pour rester fidèle. Celui qui veut sauver son honneur en trahissant la vérité perd bien plus qu'il ne croit. Mais celui qui accepte de perdre pour Dieu garde l'essentiel à jamais. » Accueillons du Seigneur la force de Jean-Baptiste : une parole vraie, un cœur libre, une conscience droite et une fidélité qui ne se vend pas, libre du regard des hommes.

Dieu cherche encore aujourd'hui des gens comme Jean-Baptiste : des personnes qui ne soient pas à vendre ; des consciences qui ne se négocient pas ; des responsables capables de dire la vérité avec charité ; des chrétiens qui gardent leur conviction face à tout interlocuteur ; des disciples capables de préférer la fidélité à l'applaudissement.
Ne devenons pas des Hérode ! Ne laissons pas les honneurs ou le regard des autres, la peur, les intérêts, les relations, l'argent, nous conduire à poser des actes que notre conscience sait injustes, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

PRIONS:

Seigneur Jésus,
aujourd’hui, nous choisissons de ne plus avoir peur.
Comme saint Jean-Baptiste, donne-nous la force de dire la vérité,
de rester fidèles à ta Parole et de témoigner de toi,
même lorsque cela nous coûte.
Que toute situation qui semblait vouloir nous réduire, nous faire taire ou nous décourager soit aujourd’hui visitée par ta grâce.
Que les faibles se relèvent, que les cœurs se fortifient, que les chaînes tombent et que ton dessein s’accomplisse dans nos vies !
Seigneur, fais de nous des témoins courageux :
non pas des chrétiens qui cherchent à plaire au monde,
mais des hommes et des femmes qui cherchent à plaire à Dieu.
Nous proclamons avec foi : ma faiblesse n’aura pas le dernier mot ; ta grâce aura le dernier mot ! Amen.

P. Vital NKENLIFACK ssc,
Frère Missionnaire de Cana.

TEXTES DE LA LESSE DU JOUR

« Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi »— 1 Co 1, 26-31

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien :parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes,ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde,voilà ce que Dieu a choisi,pour couvrir de confusion les sages ;ce qu’il y a de faible dans le monde,voilà ce que Dieu a choisi,pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde,ce qui n’est pas,voilà ce que Dieu a choisi,pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus,lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu,justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit :Celui qui veut être fier,qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.

 – Parole du Seigneur.

Psaume— Ps 32 (33), 12-13, 18-19, 20-21
R/ Heureux le peuple
que le Seigneur s’est choisi pour domaine.

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !
Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.

« Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste »— Mc 6, 17, 29

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Acclamation :Alléluia. Alléluia.Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,car le royaume des Cieux est à eux !Alléluia.— Mt 5, 10

 En ce temps-là, Hérode avait donné l’ordre d’arrêter Jean le Baptisteet de l’enchaîner dans la prison,à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait :« Tu n’as pas le droitde prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean,et elle cherchait à le faire mourir.Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean :il savait que c’était un homme juste et saint,et il le protégeait ;quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ;cependant il l’écoutait avec plaisir.

 Or, une occasion favorable se présentaquand, le jour de son anniversaire,Hérode fit un dîner pour ses dignitaires,pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.Elle plut à Hérode et à ses convives.Le roi dit à la jeune fille :« Demande-moi ce que tu veux,et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment :« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai,même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère :« Qu’est-ce que je vais demander ? »Hérodiade répondit :« La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi,et lui fit cette demande :« Je veux que, tout de suite,tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié;mais à cause du serment et des convives,il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un gardeavec l’ordre d’apporter la tête de Jean.Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat,la donna à la jeune fille,et la jeune fille la donna à sa mère.

 Ayant appris cela,les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

 – Acclamons la Parole de Dieu.

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