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Père Vital
Rouge | Vendredi; de la férie; Mémoire; Psautier sem; III · St Maximilien Kolbe; prêtre et martyr
vendredi 14 août 2026

« Je veux que tu vives »

« Ta beauté était parfaite, grâce à ma splendeur dont je t’avais revêtue. Mais tu t’es prostituée »

— Ez 16, 1-15.60.63

Frères et sœurs bien-aimés,

Dieu ne nous regarde pas d’abord à partir de ce que nous sommes devenus ; il nous regarde à partir de ce qu’il veut encore faire de nous. Sa miséricorde se penche sans cesse sur notre misère pour nous en faire sortir, pour nous rendre victorieux face à chaque défi lancé à notre vie, au bonheur auquel il nous destine. Les textes de ce jour nous portent au cœur de la révélation, par cette phrase qui devrait nous relever et nous poursuivre, nous rassurer : « Je t’ai vue… et je t’ai dit : “Je veux que tu vives !” »

La ville sainte est infidèle ; s’est prostituée avec les idoles, a oublié son Sauveur. Mais pourtant Dieu ne dit pas : « Puisque tu m’as trahi, je te rejette. » Au contraire, il dit : « Je me souviendrai de mon alliance. » L'amour
de Dieu est vraiment folie. Le prophète qui nous ramène à notre commencement nous rapporte l'histoire d'un enfant, abandonnée, dont personne n'en voulait. Elle était sans beauté, sans protection, sans avenir, dans son sang. Dieu nous a trouvés dans notre sang. Il nous dit : « Je veux que tu vives ! »

Avant même que la jeune femme puisse aimer Dieu, Dieu l’a aimée. Avant qu’elle puisse être fidèle, Dieu lui a été fidèle. Avant qu’elle puisse mériter quoi que ce soit, Dieu lui a donné gratuitement la vie. C’est notre histoire. Nous avons si souvent oublié d’où nous venons. Nous nous attribuons ce que nous avons reçu : notre intelligence, nos talents, notre position, nos relations, nos réussites, notre famille, notre ministère, notre vocation, notre réputation.

Mais Dieu nous rappelle aujourd’hui : « Ta beauté était parfaite grâce à ma splendeur dont je t’avais revêtue. » Ce que tu es de beau ne vient pas seulement de toi. La grâce de Dieu est passée par là. Alors, fais attention à l’orgueil spirituel : quand nous oublions la grâce qui nous a relevés, nous commençons à nous attribuer la gloire qui appartient à Dieu. Le drame de l’homme c'est recevoir la grâce et oublier leDonateur
Le texte dit quelque chose de terrible : « Tu t’es fiée à ta beauté. »

C'est là le commencement de l’infidélité : quand le don reçu devient plus important que Celui qui donne. Dieu donne la beauté ; nous adorons notre beauté. Dieu donne les biens ; nous adorons les biens. Dieu donne une mission ; nous nous approprions la mission. Dieu donne une famille ; et nous oublions Celui qui nous l’a confiée. Dieu donne une communauté ; mais nous nous comportons comme si nous en étions les propriétaires. Dieu donne un ministère ; et nous y recherchons notre propre gloire.

Et progressivement, le don prend la place du Donateur : c’est l’idolâtrie. On peut prier, chanter, servir Dieu, tout en ayant le cœur attaché à autre chose. Demandons-nous : qu’est-ce que Dieu m’a donné, que je suis en train de transformer en idole ? Dieu ne banalise pas notre infidélité : il la dénonce parce qu’il veut nous sauver. Il ne dit pas : « Ce que tu fais est acceptable », mais : « Ce que tu fais te détruit, et moi, je veux que tu vives ! » Quand la condamnation dit : « Tu as péché, tu es fini » ; la miséricorde dit : « Tu as péché, mais tu n’es pas ton péché : reviens à moi ! »

Jésus révèle la racine de nos ruptures : « C’est en raison de la dureté de votre cœur. » Un cœur dur ne sait plus écouter,ni même pardonner, demander pardon, repartir de nouveau. Il préfère avoir raison plutôt que sauver la relation. Et cela vaut pour nos couples, nos familles, nos communautés et toute l’Église. Mais notre espérance dit : notre infidélité n’annule jamais la fidélité de Dieu. « Je me souviendrai de mon alliance. » Dieu ne nous demande pas de cacher notre péché, mais de revenir à lui.

La miséricorde n’est pas la permission de continuer à pécher ; elle est la force qui nous rend capables de nous convertir.
Alors aujourd’hui, entendons le cri de Dieu : « Je veux que tu vives ! » Tu as péché ? Reviens. Tu es tombé ? Relève-toi. Tu as été blessé ? Ne laisse pas la blessure faire durcir ton cœur. Qu'as-tu détruit ? Laisse Dieu restaurer ce qui peut encore vivre. Là où monde dit : « C’est fini » ; Dieu dit : « Je me souviendrai de mon alliance. »

Saint Maximilien Kolbe nous en donne aujourd’hui le témoignage : au milieu d’un monde marqué par la haine, il a choisi l’amour jusqu’au don total de sa vie. Là où l’homme peut devenir dur et infidèle, la grâce de Dieu peut encore faire surgir un cœur capable de pardonner et de se donner. Demandons par son intercession de ne jamais répondre au mal par le mal, mais de laisser l’amour du Christ triompher en nous, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

PRIONS :

Seigneur notre Dieu,
nous reconnaissons nos infidélités, nos duretés de cœur et nos attachements désordonnés.
Merci parce que, malgré nos chutes, tu demeures fidèle et tu nous redis : « Je veux que tu vives ! »

Aujourd’hui, nous choisissons de revenir à toi, de renoncer à ce qui prend ta place, de pardonner comme nous avons été pardonnés, et de travailler à restaurer ce que nos duretés ont détruit.

Seigneur, donne-nous un cœur nouveau, fidèle et miséricordieux.
Par l’intercession de saint Maximilien Kolbe, rends-nous capables d’aimer jusque dans l’épreuve et de répondre au mal par le bien.

Nous nous engageons à vivre dans ta fidélité.
Nous choisissons la vie, le pardon et la réconciliation.
Fais-nous demeurer en toi.
Nous te le demandons par Jésus le Christ notre Seigneur.
Amen.

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