Croire, c’est refuser de laisser le mal avoir le dernier mot
« Le juste vivra par sa fidélité »
— Ha 1, 12 – 2, 4
Frères et sœurs bien-aimés,
La Parole de Dieu d’aujourd’hui nous place devant une question décisive : qu’allons- nous faire lorsque nous constatons que le mal semble plus fort que nous ? Il y a des montagnes que finalement nous venons à considérer comme normales : l'injustice, la haine, la divisions, la corruption, violences, rancœurs, découragement, fatalisme.Mais Jésus nous invite aujourd’hui de ne pas nous incliner devant ces montagnes. Il dit : " Croyez !”Croire, c’est refuser de laisser le mal avoir le dernier mot.
Face à l’injustice, l’oppression, la violence le prophète Habacuc ne comprend pas le silence de Dieu. Il dit : « Pourquoi restes-tu silencieux quand le méchant engloutit l’homme juste ? » Mais il ne quitte pas Dieu pour autant.Il monte sur son rempart, reste en veille, et attend une réponse. Et Dieu lui donne cette parole qui traverse toute l’histoire : « Le juste vivra par sa fidélité. » La foi véritable n’est donc pas l’absence de problèmes ; c’est la capacité de rester debout quand les problèmes sont là.
Dans l'Évangile, l'enfant qui souffre, tombe, est exposé au danger, et que les disciples n’ont pas réussi à aider est une image de bien de réalités humaines : des personnes qui chutent toujours dans les mêmes pièges, des familles qui tournent dans les mêmes conflits, des jeunes enfermés dans des dépendances ou des découragements, des communautés paralysées par les divisions, des sociétés prisonnières de la corruption, de la violence, de l’injustice ou de la peur.
Lorsque l’homme ne sait plus quoi faire, il doit encore savoir vers qui se tourner. Le père conduit son fils à Jésus. Et Jésus dit simplement : « Amenez-le-moi. » Voilà le premier acte de la foi : amener à Jésus ce que nous n’arrivons plus à porter seuls. Ne gardons pas nos blessures enfermées dans le secret ; ne nous résignons pas devant ce qui détruit ; ne disons pas : « C’est comme cela, on n’y peut rien. » Amenons nos personnes, nos familles, nos communautés et notre société au Christ.
Jésus va plus loin : « Si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte- toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera. » La foi n’est pas une formule magique qui dispense de toute responsabilité. Elle est confiance en Dieu qui nous rend capables d’agir autrement. Une foi authentique peut commencer de grandes transformations. Une personne qui décide réellement de pardonner peut commencer à guérir une famille. Un parent qui recommence à prier et à parler avec vérité peut changer même l’atmosphère de sa maison.
La puissance de la foi, petite comme une graine peut profondément transformer la société. Un jeune qui refuse la corruption peut ouvrir un chemin nouveau. Le chrétien qui renonce au mensonge, à la haine et à la vengeance devient déjà une résistance au mal. Une communauté qui retrouve la fraternité peut devenir un témoignage pour toute une société. La montagne ne se déplace pas seulement par nos paroles : elle se déplace lorsque notre foi devient fidélité, courage, vérité et engagement.
Frères et sœurs, notre société a besoin de croyants qui croient vraiment. Elle n’a pas seulement besoin de chrétiens qui portent des signes religieux ; elle a besoin de disciples dont la foi produit une manière nouvelle de vivre. Que notre foi guérisse notre façon de parler, de travailler, de gouverner, d’éduquer, de servir et de traiter les autres. Que notre foi combatte ce qui détruit la dignité humaine. Que notre prière ne soit pas une fuite devant les problèmes, mais une force pour les affronter avec Dieu.
Habacuc nous enseigne quelque chose d’essentiel : la vision de Dieu peut sembler tarder,mais elle ne ment pas. «Si elle paraît tarder, attends-la:elle viendra certainement. » La foi sait attendre sans abandonner; sait prier sans se décourager ; agit sans exiger immédiatement les résultats. Le juste vivra par sa fidélité. Saint Dominique, que nous célébrons aujourd’hui, a consacré sa vie à annoncer la vérité de l’Évangile. Son témoignage nous rappelle que la foi doit devenir parole annoncée, vie donnée et mission accomplie.
Alors, ne demandons pas simplement au : Seigneur d'enlever nos problèmes ! Mais Demandons plutôt : « Seigneur, donne-moi une foi assez vraie pour que, avec toi, je commence à déplacer ce qui doit l’être. » Que chacun identifie une « montagne » : une peur, une rancœur, une division, une mauvaise habitude, une injustice, une résignation. Puis amenons-la à Jésus. Car celui qui croit vraiment ne dit plus : “C’est impossible.” Il dit : “Avec Dieu, je vais commencer ”, pour sa gloire et le salut du monde.
PRIONS :
Seigneur Jésus, augmente notre foi !
Guéris ce qui est blessé en nous.
Relève ce qui est tombé.
Libère ce qui est prisonnier.
Réconcilie ce qui est divisé.
Donne à nos familles une foi vivante,
à nos communautés une foi fraternelle,
à nos jeunes une foi courageuse,
à notre Église une foi missionnaire,
et à notre société des hommes et des femmes capables de déplacer, avec toi, les montagnes de l’injustice et du désespoir.
Que notre foi ne soit plus seulement proclamée par nos lèvres : qu’elle devienne une force de guérison, de libération et de transformation,
Toi qui vis et règne éternellement.
Amen.
Communauté
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