Reconnaître la grâce reçue et assumer son identité pour un ministère fécond
« On décida qu’ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question »
— Ac 15, 1-6
Deviens ce que tu es supposé être ; cherche à réaliser la meilleure version de toi-même, alors tu seras toujours plus fécond, tu porteras beaucoup de fruits. Il s'agit de découvrir et d'assumer ce dont le Créateur nous a pourvus et comblés pour nous rendre heureux. C'est ce qui fait Sa gloire : « Ce qui fait la gloire de mon Père, dit Jésus, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.»Il faut reconnaître la grâce reçue et assumer son identité pour un ministère fécond.
A ses disciples, Jésus disait : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. » Ces fruits sont les fruits authentiques de l'amour. C'est fruits de l'amour sont le signe authentique par lequel on les reconnaît. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Ainsi, rester connectés à la source de l'amour, ou y retourner lorsqu'on s'en est éloignés, est alors le véritable défi de la fécondité des chrétiens.
Notre fécondité, en tous points de vue, répond à une logique qu'il faut assumer. Pour être fécond, pour produire de fruits authentiques et en abondance, il faut faire signe, être ce qu'on représente ; pour faire signe, il faut retrouver son identité ; et pour retrouver son identité, il faut retourner à la source de la grâce. C'est l'équation de la fécondité. Il faut retourner à ce qui, dès le départ donne son sens à notre vie : une expérience personnelle, transformante, de la rencontre avec le Christ.
Pour retourner à la source de la fécondité, il nous faut nous garder de toute passion aveuglante qui pousse à s'attacher, comme par idéologie, à telle ou telle autre culture de façon exclusive. Il nous faut aller plus loin que de nous réclamer de nos " cultures ancestrales ", ou de clamer notre fidélité à un christianisme souvent étouffé dans des habits culturels imprudemment empruntés à d'autres. Comprise comme il faut, toute culture authentique nous mène à l'amour. Et le Dieu que nous a révélé Jésus Christ est Amour.
Des juifs convertis au christianisme voulaient imposer les pratiques juives aux chrétiens venus du monde païen. Ils leur disaient : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » La discorde suscitée alors, et les discussions qui s'en sont suivies, menées par Paul et Barnabé, nécessitaient un retour aux sources authentiques de la foi chrétienne : « On décida qu'ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question »
Il existe un contraste frappant entre une certaine ferveur religieuse chez les chrétiens et le délitement du tissus social, rongé par des injustices criardes. L'accroissement du nombre de baptisés et les nouveaux fidèles ainsi agrégés à nos Églises, malgré de réels efforts de témoignage authentiques de bien de chrétiens, peine encore à avoir l'impact décisif que la société est en droit d'en attendre. Notre fécondité, comme chrétiens, disciples de Jésus Christ, est alors vivement interpellée.
Que notre désir de bonheur et de fécondité nous poussent à interroger constamment notre relation au Christ. Retrouver une initiation chrétienne qui tire sa substance du Christ et qui enracine les initiés dans le Christ est un impératif. Encourager et valoriser ce qui se fait déjà en ce sens et retrouver toutes les semences d'amour dont regorgent nos cultures diverses y aidera certainement, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.
PRIONS.
Seigneur Jésus,
toi la vraie vigne,
tu m’appelles à demeurer en toi
pour recevoir la sève de la vie véritable.
En dehors de toi, mes efforts s’épuisent,
mes projets se dessèchent,
et mes talents perdent leur finalité.
Aujourd’hui, je te remets mon identité tout entière :
mon histoire, ma famille, mon peuple, ma culture,
mes traditions, ma langue, mes racines profondes.
Je te rends grâce pour tout ce qui, dans mon héritage,
porte des semences de sagesse, de solidarité,
de respect des anciens, de sens du sacré
et d’amour de la vie.
Donne-moi le discernement de l’Église naissante,
comme les Apôtres réunis à Jérusalem,
pour accueillir sans peur la nouveauté de ton Esprit
sans renier ce qui est bon dans mon identité culturelle.
Préserve-moi de deux pièges :
celui de rejeter mes racines par imitation servile d’autrui,
et celui d’idolâtrer ma culture au point d’oublier l’Évangile.
Purifie en moi, Seigneur,
tout ce qui, dans ma culture ou dans mes habitudes personnelles,
m’éloigne de toi, blesse mes frères
ou empêche la liberté de l’Évangile de grandir.
Taille en moi l’orgueil, les replis identitaires,
les traditions sans vie, les peurs du changement
et les compromis avec le mal.
Enracine-moi davantage en toi,
afin que mon identité chrétienne
transfigure mon identité culturelle
sans l’écraser ni la dénaturer.
Que je sois un disciple authentique,
capable de faire dialoguer foi et culture,
tradition et nouveauté, héritage et mission.
Fais de moi un sarment vivant,
porteur de fruits visibles :
justice dans mes choix,
vérité dans mes paroles,
charité dans mes relations,
courage dans mes engagements,
paix dans ma communauté
et fécondité dans ma mission.
Comme les pèlerins montant vers Jérusalem dans la joie,
apprends-moi à marcher avec l’Église,
à chercher avec mes frères le vrai discernement
et à bâtir l’unité sans uniformité.
Père très bon,
que ma vie te glorifie
par les fruits abondants d’une foi incarnée,
enracinée dans le Christ
et féconde au cœur de mon peuple,
Par le même Jésus, ton Fils, notre Sauveur.
Amen.
Communauté
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