De la faute reconnue à la miséricorde reçue, puis partagée, pour faire jaillir la vie
« Avec nos cœurs brisés, nos esprits humiliés, reçois-nous »
— Dn 3, 25.34-43
Frères et sœurs bien-aimés,
Le pardon est à l'âme ce qu'est l'oxygène au corps. Sans oxygène, le corps meurt. De même, sans pardon , l'âme meurt. La foi ne nous ouvre aux sources vives du salut que lorsque nous pardonnons de tout notre cœur. Celui qui accueille la miséricorde de Dieu mais refuse de la donner empêche la source de la vie de jaillir en lui. Le pardon devient ainsi la condition intérieure du vrai pèlerinage vers Dieu : un chemin où le croyant passe de la faute reconnue à la miséricorde reçue, puis partagée, pour que jaillisse la vie.
Le pardon est don de Dieu et aussi effort de l'homme. Don de Dieu, il est une étape indispensable dans la croissance de la foi et dans notre pèlerinage intérieur vers la source de l’eau vive, c’est-à-dire vers la communion avec le Christ. Il faut s'ouvrir à ce don afin de l'accueillir et le transmettre. Le pardon ne peut dépendre des caprices humaines! Il n'est ni le fruit de notre grande magnanimité, ni la manifestation de notre bonté. De même, pardonner ne signifie ni que nous sommes coupables, ni que nous sommes faibles.
Le pardon commence par un cœur brisé qui reconnaît sa pauvreté devant Dieu. Dans la prière d’Azarias le peuple reconnaît son péché et sa misère : « Avec nos cœurs brisés, nos esprits humiliés, reçois-nous ».
La première étape de la croissance dans la foi est l’humilité. Dieu nous recrée lorsque nous nous reconnaissons pauvres devant lui. Cette attitude nous ouvre le cœur à la miséricorde divine. C’est déjà la source de vie intérieure qui commence à jaillir. Elle suppose la confiance en Dieu malgré la faute.
La miséricorde de Dieu précède toujours notre conversion.Elle est le point de départ du chemin de foi.Ce n’est pas l’homme qui mérite d’abord le pardon : c’est Dieu qui lui en ouvre la route. Dans notre pèlerinage intérieur à la recherche de l'eau vive Dieu est la source, l’homme est le chercheur assoiffé. La foi grandit lorsqu' on découvre que Dieu ne cesse jamais de nous offrir la possibilité de recommencer.La miséricorde devient la source intérieure qui transforme nos cœurs selon la promesse: «des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (Jn 7,38).
Nous sommes des pécheurs pardonnés. Et
le pardon reçu doit devenir pardon donné.A Pierre qui lui demandait combien de fois il doit pardonner, Jésus répondait : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Simone Weil et, en ce sens, « qu'on a le devoir d'accorder tout ce qu'on n'a pas le droit de refuser. » Le pardon n’est pas seulement une grâce à recevoir, c’est une mission à accomplir.Ne pas pardonner bloque la circulation de la miséricorde et
condamne à l'asphyxie de l'âme.
Le pardon est la condition pour faire jaillir l’eau vive dans le cœur du croyant comme au sein des familles, des communautés, de la société. Sur le chemin spirituel chrétien, le pardon purifie le cœur, et les liens entre les personnes et les groupes. Sans pardon:
le cœur reste fermé,la rancune devient une prison intérieure et son feu une menace pour la survie collective. Avec le pardon : le cœur est libéré, la grâce peut circuler, les familles et sociétés retrouvent la fécondité
pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.
PRIONS
Seigneur, Dieu de miséricorde,
En Jésus Christ tu viens vers nous,
Comme mendiant de notre amour, pour nous combler de ton amour,
Comme mendiant de notre pardon,
Pour nous pardonner nos fautes et nous apprendre à pardonner aux autres
Tu nous fais comprendre que notre soif véritable,
C'est la soif de Toi-même,
La soif de Ta miséricorde, et,
L'indispensable nécessité de faire, à notre tour, miséricorde à tous.
Fais de nous des apôtres zélés et joyeux de ton pardon et de Ta miséricorde,
Dans la foi en Jésus, le Miséricordieux,
Qui vit et règne avec Toi, dans l'unite du Saint Esprit, pour les siècles sans fin. Amen.
Communauté
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