Comprendre la tentation pour vaincre le péché en nous
« Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé »
— Rm 5, 12-19
Bien chers frères et sœurs,
En ce premier Dimanche de Carême, appelé aussi Dimanche de la Tentation, le Christ nous initie, à sa suite et à son exemple, à reconnaître et à combattre les tentations qui surviennent dans notre vie. La tentation en soi n’est pas le péché. Elle nous place devant des choix et exige que l'on se décide. Le péché c'est de choisir ce que propose le Tentateur : il déforme la Parole de Dieu, sème le doute sur sa bonté et nous promet une autonomie illusoire. Il faut comprendre la tentation pour vaincre le péché en nous.
Le vrai combat du Carême n’est pas contre les autres d'abord, mais contre le péché en nous. La tentation naît souvent dans nos pensées.Surveillons les raisonnements qui relativisent la Parole de Dieu,nous font tout
justifier et nous font faire des compromis progressifs avec le mensonge et le mal. Le péché nous ouvre les yeux mais pour nous faire voir notre nudité et nous plonger dans la honte. Il promet la liberté, mais produit la rupture avec Dieu, avec soi-même, et avec les autres.
Nous sommes tentés de choisir entre ce qui nous séduit sans nous garantir notre bien, et ce que nous savons être bien mais qui exige de nous des renoncements, des efforts et sacrifices.Pensons alors à ce qui nous est enseigné par les figures d'Adam, et de Jésus Christ. Adam a désobéi à Dieu. Il nous ainsi exposés à la condamnation qui mène à la mort. Mais Jésus Christ a, au contraire, obéi. Par son obéissance, il nous a rétablis dans une relation juste avec Dieu
Ce que l'obéissance de Jésus Christ nous a obtenu est une véritable transformation. Pour tous, la porte de l’amitié avec Dieu est rouverte. Nous avons une dignité nouvelle de fils et filles dans le Fils, héritier de la vie divine et rendus capables d’aimer comme le Christ, Le mal n’a plus le dernier mot. Le chemin de la sainteté et du salut nous est ouvert. « Justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu. » La foi au Christ nous fait passer de la condamnation à la communion, et de la rupture à l’alliance vivante avec Dieu.
Pour nous aider à vaincre les tentations, au désert Jésus affronte trois fondamentales tentations. Il répond toujours au tentateur par l’Écriture. Il combat le mensonge par la vérité. Ces tentations sont : la tentation matérialiste, qui réduit la vie au besoin immédiat. On veut tout posséder. Jésus rappelle qu'« il est écrit: L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Il y a aussi la tentation de l'orgueil spirituel, qui fait rechercher le spectaculaire. Alors Dieu est manipulé pour prouver notre foi. Jésus prescrit la confiance humble en Dieu : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Il y a enfin la tentation du pouvoir, de dominer. On veut la gloire sans la croix. Le piège des idoles, des faux dieux, nous est tendu.Mais Jésus est ferme : « c’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Nos sociétés si souvent prisonnières de la recherche effrénée de richesses ; séduites par les manipulations religieuses et ruses de faiseurs de miracles ; et marquées par la soif de pouvoir et d’influence trouvent ici des antidotes précieux contre tout ce qui plombe leur développement. Que ce temps du Carême nous permette de faire le choix de l’obéissance plutôt que l’autonomie orgueilleuse; de la vérité plutôt que celui du mensonge séduisant ; de la grâce plutôt que de la facilité, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
PRIONS
Seigneur Dieu,
tu connais mes fragilités et mes combats.
Donne-moi un cœur vigilant face au mensonge,
un esprit nourri de ta Parole,
une volonté ferme dans l’épreuve.
Que je choisisse la vie,
que je marche avec Jésus au désert,
et que ta grâce triomphe en moi.
Amen.
P. Vital, NKENLIFACK ssc,
Frère missionnaire de Cana.
TEXTES DE LA PAROLE DU JOUR
Création et péché de nos premiers parents— Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a
Lecture du livre de la Genèse
Le Seigneur Dieu modela l’homme
avec la poussière tirée du sol ;
il insuffla dans ses narines le souffle de vie,
et l’homme devint un être vivant.
Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient,
et y plaça l’homme qu’il avait modelé.
Le Seigneur Dieu fit pousser du sol
toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ;
il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin,
et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Or le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs
que le Seigneur Dieu avait faits.
Il dit à la femme :
« Alors, Dieu vous a vraiment dit :
‘Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin’ ? »
La femme répondit au serpent :
« Nous mangeons les fruits des arbres du jardin.
Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin,
Dieu a dit :
‘Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas,
sinon vous mourrez.’ »
Le serpent dit à la femme :
« Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez,
vos yeux s’ouvriront,
et vous serez comme des dieux,
connaissant le bien et le mal. »
La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux,
qu’il était agréable à regarder
et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence.
Elle prit de son fruit, et en mangea.
Elle en donna aussi à son mari,
et il en mangea.
Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent
et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus.
– Parole du Seigneur.
Psaume— Ps 50 (51), 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17
R/ Pitié, Seigneur,
car nous avons péché !
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
« Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé »— Rm 5, 12-19
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères,
nous savons que par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et que par le péché est venue la mort ;
et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
étant donné que tous ont péché.
Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
mais le péché ne peut être imputé à personne
tant qu’il n’y a pas de loi.
Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
la mort a établi son règne,
même sur ceux qui n’avaient pas péché
par une transgression semblable à celle d’Adam.
Or, Adam préfigure celui qui devait venir.
Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute.
En effet, si la mort a frappé la multitude
par la faute d’un seul,
combien plus la grâce de Dieu
s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul
n’ont pas la même mesure non plus :
d’une part, en effet, pour la faute d’un seul,
le jugement a conduit à la condamnation ;
d’autre part, pour une multitude de fautes,
le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
Si, en effet, à cause d’un seul homme,
par la faute d’un seul,
la mort a établi son règne,
combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul,
régneront-ils dans la vie,
ceux qui reçoivent en abondance
le don de la grâce qui les rend justes.
Bref, de même que la faute commise par un seul
a conduit tous les hommes à la condamnation,
de même l’accomplissement de la justice par un seul
a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain
la multitude a été rendue pécheresse,
de même par l’obéissance d’un seul
la multitude sera-t-elle rendue juste.
– Parole du Seigneur.
Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté— Mt 4, 1-11
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Acclamation :
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
— Mt 4, 4b
En ce temps-là,
Jésus fut conduit au désert par l’Esprit
pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits,
il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit :
« Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le diable l’emmène à la Ville sainte,
le place au sommet du Temple
et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
et Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne
et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
Il lui dit :
« Tout cela, je te le donnerai,
si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, Jésus lui dit :
« Arrière, Satan !
car il est écrit :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,
à lui seul tu rendras un culte. »
Alors le diable le quitte.
Et voici que des anges s’approchèrent,
et ils le servaient.
– Acclamons la Parole de Dieu.
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