« Il a perdu la tête. »
« Les gens de chez lui affirmaient : Il a perdu la tête »
— Mc 3, 20-21
La folie de l'amour fait de ceux qui aiment des marginaux. La logique de leur action contredit la sagesse du monde. Un prudent discernement fait voir Dieu à l'œuvre là où les autres ne voient que de la pure folie; il fait apprécier la sagesse de l'Esprit là où le monde crie au scandale.Seul un amour fou fidèle à la grâce reçue de Dieu peut,comme David, pleurer amèrement la mort de son ami, et celle de celui qui lui en voulait à mort. Seul cet amour fou pour les âmes, dont Jésus a fait preuve, peut faire dire: « Il a perdu la tête. »
Par amour pour les autres Jésus s'est tant et si bien donné qu'il s'est oublié lui-même. Pour ses familiers, qui voulaient le sauver de cette foule immense qui le sollicitait au point où il n'était plus possible de manger, « Il a perdu la tête. » La logique de l'amour de Dieu manifesté en Jésus contredit la logique des siens qui ne comprenaient pas, encore un peu trop aveuglés par les considérations trop humaines.
C'est encore la logique de l'amour de Dieu, que le monde ne comprend pas, qui portait David à pleurer la mort de Saül qui lui en voulait pourtant à mort. Apprenant que le Roi Saül est tombé à la guerre avec ses trois enfants dont Jonathan, qui l'aimait bien, David fondit en larmes. Il reconnaissait tout ce que Israël devait à Saül et à Jonathan, ses héros. Il disait : « Comment sont-ils tombés, les héros, au milieu du combat ? »
L'amour, que le monde ne comprend pas, pousse à aimer et reconnaître les mérites, même de ceux qui ne nous aiment pas. Au- delà de leur hostilité à notre égard, ils sont et restent des personnes aimables, qu'il faut respecter en leur dignité.Notre aide ne doit pas faire défaut lorsque nous pouvons les leur apporter. Il nous faut accepter de « perdre la tête » aux yeux du monde, par cet amour qui recrée la fraternité et repousse les frontières du mal et de la haine, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.
PRIONS
Seigneur notre Dieu,
toi qui regardes le cœur et non les apparences,
apprends-nous la noblesse de David,
capable de pleurer même celui qui l’a blessé.
Donne-nous un cœur libre de la rancune,
une mémoire purifiée par la miséricorde,
et la grâce de reconnaître le bien
là où nos blessures voudraient condamner.
Quand nous sommes éprouvés et incompris,
quand nos choix pour toi semblent folie aux yeux des hommes,
donne-nous de tenir fermes,
les yeux fixés sur ton visage qui sauve.
Fais de nous des artisans de communion,
des témoins fidèles, même dans l’obscurité,
et des serviteurs qui préfèrent ta volonté
à l’approbation du monde.
Amen.
Communauté
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