Rejetons nos masques religieux pour entrer dans la vérité de la relation au Christ
« Jean est venu : les publicains et les prostituées ont cru à sa parole »
— Mt 21, 28-32
Bien chers frères et sœurs,
Notre montée vers Noël s'éclaire en ce jour
d'une vérité dérangeante mais libératrice : Dieu ne se laisse pas impressionner par les apparences religieuses. Il se révèle et sauve ceux qui reconnaissent leur misère et leur pauvreté et consentent à se laisser convertir. Nous sommes ainsi invités à accueillir notre pauvreté devant Dieu; crier vers lui avec confiance, accepter l'effort de nous convertir par des actes, non par des discours. Rejetons nos masques religieux pour entrer dans la vérité de la relation au Christ .
Le prophète Sophonie annonçait un salut inattendu : Dieu ne s’appuie pas sur les forts, mais sur « un peuple humble et pauvre ». La pauvreté dont il est question n’est pas seulement matérielle ; elle est avant tout pauvreté de coeur, c’est-à-dire disponibilité, vérité devant Dieu, refus de l’orgueil et de la violence. Le véritable fidèle n’est pas celui qui parle beaucoup de Dieu, mais celui qui se confie réellement en lui, et se laisse guider par sa volonté.
« Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses », rappelle le psalmiste. Le pauvre ne se défend pas par la ruse ou la domination; il crie vers le Seigneur, et ce cri est entendu. Ce n’est pas l’absence d’épreuve qui caractérise le croyant, mais la certitude que Dieu est proche dans la détresse. Ainsi, la pauvreté devient un lieu de salut lorsqu’elle ouvre à la confiance en Dieu. En effet, «Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. »
Jésus va plus loin en mettant en garde ses auditeurs contre une religiosité de façade, qui ne laisse pas à Dieu, par la confiance en lui, la possibilité de nous transformer, de nous sauver. Il leur dit :« les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu » Non parce que leur vie était exemplaire, mais parce qu’ils ont cru à la parole de Jean et ont changé de ve. À l’inverse, ceux qui disent « oui » à Dieu par leurs paroles mais refusent la conversion concrète se ferment eux-mêmes au salut.
Une question décisive se pose alors à moi, à chacun de nous : ma foi s'exprime-telle seulement à travers de belles déclarations ou alors, me porte-t-elle à la nécessaire conversion pour ma transformation vraie et profonde? Dire « Seigneur, Seigneur » ne suffit pas ; encore faut-il entrer dans cette obéissance quotidienne, parfois tardive mais sincère, que le Seigneur attend de nous.
Dans nos communautés, veillons à ne pas confondre pratique religieuse, qui n'est pas sans mérites, et conversion du coeur, qui donne son sens à la pratique religieuse. Il nous faut nous convaincre que le Christ, en son Église, maison pour les pauvres, et les malades. ne rejette personne qui se laisse relever.
PRIONS.
Seigneur,
toi qui écoutes le cri des pauvres,
donne-nous un cœur humble et vrai.
Délivre-nous des paroles sans actes
et convertis-nous à l’obéissance de la foi.
En ce temps de l’Avent,
apprends-nous à répondre par notre vie
à l’amour que tu viens nous offrir.
Amen.
Communauté
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