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Père Vital
Vert | Mardi de la férie, 34ème semaine du Temps Ordinaire (semaine II du psautier) de l'année Impaire · Ste Catherine d'Alexandrie, Vierge et martyre
mardi 25 novembre 2025

Assumer la fin pour accueillir la nouveauté

« Le dernier royaume pulvérisera et anéantira tous les autres, mais lui-même subsistera à jamais »

— Dn 2, 31-45

Toute fin bien assumée doit offrir de nouvelles espérances. La fin du monde, c'est avant tout la fin d'un monde : mon monde, celui de ma génération, celui de mon temps. A cette fin doit
suivre un nouveau début, un nouvel avenir, de nouveaux horizons. Des résistances, fracas et conflits, turbulences ou autres phénomènes de nature à alarmer surviennent souvent lors des transitions. La zone de confluence de deux courants d'eau lève toujours des vagues. Il faut le savoir pour dominer toute peur du nouveau. Il faut assumer la fin pour accueillir la nouveauté.

« Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. » L'annonce, par Jésus, des signes de la fin a de quoi faire peur. Et pourtant c.est bien le contraire qui est visé. Au-delà de tous les signes précurseurs de fin, c'est un appel à la vigilance que Jésus lance à ses disciples. L'enjeu , comme pour toute fin, est de permettre toujours mieux à Dieu d'être Dieu au milieu de nous. Les choses précieuses pour le monde céderont toute la place à Dieu

«Il n’en restera pas pierre sur pierre», dit Jésus. Le temple dont les pierres précieuses et autres beautés font l'objet de l'admiration des fidèles devra céder la place à la véritable présence de Dieu en nos coeurs. Le véritable Temple de la présence de Dieu devra être bâti en nos coeurs et orné des pierres précieuses de nos vertus et bonnes oeuvres. La perspective d'une telle fin pour laisser place à la nouveauté, qui est celle de l'amour, ne se fait jamais sans resistances. Mais la résistance du mal face à la poussée du bien finit toujours par céder. Au lieu de la peur, c'est l'espérance qui doit nous animer.

La vision du prophète Daniel montrait déjà une image très suggestive au sujet de la victoire du bien, à la fin : « Le dernier royaume pulvérisera et anéantira tous les autres, mais lui-même subsistera à jamais. » Le royaume de Dieu qui est royaume de justice et de paix, d'amour et de miséricorde est le seul qui va demeurer pour l' éternité. Le dernier mot, dans toute fin, est à la victoire de l'amour.Notre foi en Jésus Christ est ce qui doit toujours ouvrir à tous les portes de l'espérance en toutes situations, pour une fin heureuse : déjà la paix et l'harmonie sociale.

Là où l'idée de transition est perçue comme trahison, la fin, inexorable pourtant, réserve les pires des surprises parce qu'elle n'aura pas été assumée et préparée. C'est vrai notamment de toute forme d'exercice du pouvoir,qu'elle repose sur un mandat politique, sur l'influence morale, le prestige matériel, le privilège hégémonique qu'il soit tribal ou racial, l'aisance intellectuelle ou même la séduction physique qui fait tant de ravages souvent, tout exercice du pouvoir a une fin. Préparer cette fin pour laisser la place à du nouveau est signe de succès, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

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