Des saints pour notre temps
« Voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues »
— Ap 7, 2-4.9-14
La fête de la Toussaint réunit dans une unique célébration tous les saints, spécialement tous ces nombreux saints qui ne sont pas célébrés nommément sur nos autels. Ils Sont de tous les horizons. Par leur vie, ils ont désiré être ce que Dieu attendait d'eux, et se sont engagés, si souvent au prix de grands sacrifices, à faire la volonté de Dieu, par amour pour Lui et pour les autres, leurs frères et soeurs humains. « Vêtus de robes blanches, ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau », dit Saint jean. Devenons des saints pour notre temps.
Les saints font goûter déjà quelque chose de la sainteté et du bonheur en Dieu, dès ici-bas. Au bonheur nous sommes tous promis. C'est une promesse qui se réalise déjà ici-bas, mais qui sera accomplie dans l'éternité. Nous sommes heureux si nous vivons pleinement la vie que nous devons vivre, une vie qui fait voir Dieu à l' oeuvre au coeur du monde. On fait voir Dieu si on lui permet de nous faire retrouver la beauté de sa ressemblance et la pureté de son image. C'est ce qui arrive quand nous contemplons le visage du Christ à travers ses mystères, sa vie, dont nous parlent les Écritures.
La contemplation du Christ lui permet de nous conformer à lui. La contemplation est une des merveilles de l'amour. L'amour authentique, en effet, est toujours contemplatif, comme nous le rappelait souvent le Pape François.C'est un don de Dieu. En contemplant la vie de Jésus Christ qui nous est rapportée par les Evangiles et par l'ensemble de la parole de Dieu, il nous donne le modèle de vie le plus aisément imitable et le plus susceptible d'adopter de saines et saintes attitudes. On vit en désirant voir, connaître et aimer Dieu, et alors aimer nous-mêmes, aimer les autres et la création, pour faire sa volonté.
Nous sommes tous appelés à la sainteté. C'est une conquête permanente. mais qui est avant tout un don. Sainte Thérèse de l'enfant Jésus définit la sainteté comme une relation intime avec Dieu basée sur la confiance, l'amour et la simplicité. Elle prônait la "petite voie", qui nous porte à accomplir toutes nos actions chaque jour avec amour et dévotion, et pas rechercher surtout des actes héroïques ou les expériences mystiques exceptionnelles. Quelque soit notre condition, nous pouvons être saints pourvu que nous ayons une confiance totale en Dieu et que nous vivions et nous efforcions d'aimer de manière authentique.
La sainteté est le chemin de notre bonheur. On s'y engage en adoptant les dispositions qui le favorisent, conscients de notre incapacité à le parcourir par nos seules forces. Jésus nous y encourage en nous indiquant les dispositions qu'il faut pour y parvenir et les promesses qui y correspondent. Avant tout, il faut être pauvre de coeur, détaché et libre de tout pour que Dieu se saisisse entièrement de nous. « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » C'est l'attitude fondamentale qui rend possible les autres, et permet de vivre et d'agir selon ce qu'indiquent les béatitudes. Elles sont comme la charte du Royaume des cieux.
Les temps de crise sont les occasions les plus
favorables pour nous motiver sur le chemin des Béatitudes et de la sainteté.Là où les injustices poussent à tout désirer pour soi en spoliant le bien des autres, la violence, les animosités, les haines et autres conséquences fâcheuses vont s'imposer. Retrouver la pauvreté de coeur est une exigence urgente de justice et de charité. Ceci passe par la prière et la formation des consciences, et aussi surtout le témoignage de détachement, de vérité et de douceur, et aussi la sincérité de reconnaître nos propres fautes.
Le chemin de la sainté, exige aussi que nous ayons ce coeur pur qui nous fait voir d'abord le bon cote des choses et faire voir à tous Dieu et ses oeuvres ; que nous soyons doux pour que tout et tous soient à nous ; sensibles au drame de l'injustice et que nous nous engagions à la combattre partout ; que nous désirons que la miséricorde de Dieu, par nous, permette aux victimes du mal de retrouver la joie de vivre ; nous devons oeuvrer pour la paix ; et qu'aucune animosité contre nous ne nous détourne de notre engagement.
Notre chemin de sainteté passe surtout par la capacité à reconnaître nos fautes et erreurs qui créent les situations déplorées. « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. » Disciples du crucifié, nous sommes les saints que notre temps attend de voir surgir. Rétablir la paix fait regretter tout mal et favoriser la reconciliation en évitant toute attitude d'indignation sélective. On évite ainsi de diviser la société en bons et victimes d'une part, et méchants et bourreaux de l'autre. Que la célébration de la Toussaint nous fasse de mieux en mieux aider à voir Dieu au milieu de nous, pour Sa plus grande gloire et le salut du monde.
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