Par la foi, accueillir pour partager et prospérer
« À nous aussi, cela sera accordé puisque nous croyons »
— Rm 4, 20-25
« À nous aussi, cela sera accordé puisque nous croyons », dit Saint Paul. Il témoigne de la puissance de la foi d'Abraham qui lui a obtenu d'être justifié par Dieu. Il a cru en la promesse de Dieu. Cette promesse est pour nous aussi, aujourd'hui. La foi en Jésus Christ nous obtient la fécondité des patriarches, la richesse en tout ce qui fait grandir l'humanité en nous et dans les autres. C'est un trésor divin, c'est l'héritage des enfants. La foi nous l'obtient ; il est partagé par le feu de la charité ; l'espérance, en nous, ravive le désir de le recevoir toujours mieux.
«Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » Jésus réagissait ainsi à celui qui lui disait : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Il concluait une parabole pour nous préserver de la tentation de tout garder pour soi-même. La question de l'héritage commun à partager, toute question de vie commune, et surtout familiale, garde tout son sens si elle est comprise, non comme un problème à résoudre, mais comme le mystère du don de Dieu à accueillir ensemble, à en jouir et à faire fructifier ensemble, en partageant avec tous.
La préoccupation de partager l'héritage entre les ayants droits est sans cesse d'actualité dans la vie en commun : dans les familles ou à des niveaux plus complexes de l'organisation de la vie ensemble. Elle naît dès lors qu'on perd de vue qu'on est tous héritiers du don de Dieu en nous, qui nous permet de produire en vue de partager pour être heureux. Quand on ne l'a pas compris, l'on se préoccupe plus de la plus vile chose qui soit : recevoir sa part de ce qui a été produit par d'autres en vie d'en jouir seul ou en cercles restreints. On ne peut s'en rassasier.
« Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » La vie bien vécue, la vie heureuse, est celle qui nous ouvre aux autres. Et le partage est la voie royale pour cette ouverture. La foi nous y aide. Elle ne nous fait pas seulement partager, elle nous fait communier. En Jésus Christ, elle nous fait puiser dans le trésor de Dieu, qui est notre héritage commun. La foi nous fait comprendre que la logique du don de Dieu est de combler par pur gratuité celui qui le reçoit, et d'abonder sans cesse à mesure qu'il est partagé.
Partager est alors compris comme le gage du bonheur dès ici-bas puisque le partage culmine dans la communion.Comme a dit L'Archevêque camerounais Jean Zoa « le bonheur du chrétien consiste à partager. Pour partager il faut avoir. Pour avoir il faut produire abondamment. Pour produire abondamment il faut travailler rationnellement. Pour travailler rationnellement il faut s'organiser solidairement », et nous ajoutons que pour s'organiser solidairement il faut communier fraternellement, pour communier fraternellement, il faut communier filialement dans le Christ. pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Communauté
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