Une merveilleuse initiation à la communion familiale
« Voyant comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment »
— Jon 3, 1-10
« Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider.» Marthe, soeur de Lazare l'ami de Jésus, dénonçait ainsi l'attitude de sa soeur Marie. Marthe est reconnue pour son charisme de service. La visite de Jésus dans cette fratrie offre à Marthe l'opportunité de lui assurer un accueil de choix. Sa soeur Marie, elle, ne trouve pas mieux à faire que de s'asseoir aux pieds de l'hôte, écoutant sa parole. Le récit de l'accueil de Jésus en cette maison est une merveilleuse initiation à la communion familiale.
Le bonheur est dans la communion. La famille en est la plus belle école. À cette école de la communion, on découvre les merveilles de la différence, les richesses de la diversité. Le don de Dieu fait à chacun est accueilli, valorisé et partagé par tous. La conversion, indispensable à l'école de la communion, fait voir la richesse des complémentaires là où le péché promeut le mépris et l'exclusion de la différence. Convertir le regard de chaque membre d'une famille ou d' une communauté pour lui faire decouvrir chez les autres le don que Dieu lui fait est une belle et urgente mission.
La plainte de Marthe exprime l'attitude de ceux qui considèrent ce qu'ils font comme la chose la seule importante à faire. C'est l'attitude de ceux qui veulent être valorisés en dévalorisant les autres. Marthe rappelle ceux qui opposent le travail à la prière,ne voyant dans la priere que pure perte de temps. Sa plainte est en réalité un procès contre sa sœur qu'elle trouve oisive, et contre Jésus qu'elle tient pour complice de l' oisiveté de sa sœur. Cette tentation d'opposer la prière au travail, à l'action, est une véritable fragilisation de la possibilité de communion de la famille.
Jésus n'a pas manqué de rappeler l'essentiel. Il disait : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire.Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » Cette réponse de Jésus à Marthe interpelle profondément notre manière de penser la construction de notre vie commune. Travailler pour servir, et contempler la Parole pour prier sont les deux faces d'une même pièce de monnaie. Toutes deux bonnes, la prière est la meilleure, l'unique nécessaire, ce sans quoi le reste n'a pas de sens véritable, de fécondité, d'ouverture au salut.
La Parole de Dieu, que le prophète Jonas a en fin accepté de proclamer à Nice, la grande ville païenne, a produit l'effet attendu de conversion qui porte à la communion véritable. Jonas lui- même en a été guéri. Sa peur face à la menace de l'ennemi, son nationalisme jaloux et exclusif, son découragement face àl'ampleur de la tâche ont cédé la place à son engagement à assumer sa mission. Ninive la ville païenne a accueilli la Parole et s'est laissée réconcilier avec Dieu. La communauté a ainsi été épargnée des fléaux menaçant, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Communauté
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