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Père Vital
Blanc | Mercredi de la férie, 26ème Semaine du Temps Ordinaire (semaine II du psautier) de l'année Impaire; Vierge · Nous fêtons sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
jeudi 2 octobre 2025

Viser la perfection en évitant les distractions

« Si tel est le bon plaisir du roi, laisse-moi aller dans la ville où sont enterrés mes pères, et je la rebâtirai »

— Ne 2, 1-8

«Laisse les morts enterrer leurs morts.Toi, pars et annonce le règne de Dieu.» Jésus répondait ainsi à un homme à qui il a dit dit : « Suis-moi », et qui lui a répondu : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus ne lui interdisait pas, évidemment, d'exercer la vertu de la piété filiale, d'ailleurs très protégée par la loi. Il sait que des démarches justes, légitimes, peuvent être détournées de leur sens au point d'empêcher de recevoir l'offre de vie et de salut qu'il nous fait. Les yeux fixés sur le Christ, viser la perfection en évitant les distractions.

« Quiconque met la main à la charrue, dit Jésus puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » Il nous donne là de belles clés de discernement pour nous protéger de ce qui peut conduire à trahir notre foi, nos bonnes idées et visions qui étaient déjà au départ de l'initiative. Personne n'est épargné par le virus de la trahison. Mais la radicalité de notre oui en réponse à l'invitation de Jésus à le suivre est l'antidote sûr, contre les tentations et les toutes ces distractions qui nous sollicitent au quotidien.

Les évènements du quotidien, heureux comme moins heureux, que l'on sait accueillir avec le regard fixé sur Jésus Christ comme priorité, sont susceptibles d'être des opportunités de vie, des portes ouvertes sur l'espérance. À la suite du Christ qui nous redit sans cesse : « Suis-moi », la règle qui doit encadrer, informer, présider à toute démarche est celle de l'amour. Au-delà de l'amour il n'y a pas de règles qui soient. « Aime et fais ce que tu veux» disait St Augustin. C'est l'amour qui donne son sens à la piété filiale.

La piété filiale éveille aussi le noble sentiment patriotique. Elle allume en nous comme une flamme qui brûle et éveille la conscience de devoirs légitimes envers nos frères, notre communauté, notre nation. « Si tel est le bon plaisir du roi, laisse-moi aller dans la ville où sont enterrés mes pères, et je la rebâtirai. » La demande de Néhémie, un juif qui a été élevé à de hautes charges dans la cour du roi, exprime son fort attachement à sa nation. Il obtient du roi la permission de rebâtir Jérusalem , où les Hébreux rentrés de l'exile peinent à obtenir l'indépendance.

A cette même reconstruction de nos nations et familles en proie aux démons de tous genres, nous sommes invités. Le courage et le souci de nos frères et soeurs qui s'engagent en ce sens, souvent au risque de leur vie, de leur réputation doivent être salués et soutenus. Mais là où la volonté affirmée d'oeuvrer pour le relèvement du pays ou de la famille apparaissent comme de simples subterfuges pour instrumentaliser la misère des masses au profit des intérêts de quelques uns, le Christ est trahi, le devoir de se lever pour retrouver les chemins dubien de tous dès ici-bas devient impératif, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

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