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Père Vital
Blanc | Mardi de la férie, 26ème Semaine du Temps Ordinaire (semaine II du psautier) de l'année Impaire · Saint Jérôme, prêtre et docteur de l'Eglise
mercredi 1 octobre 2025

La patience des serviteurs

« Des peuples nombreux viendront à Jérusalem chercher le Seigneur »

— Za 8, 20-23

« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Comme les disciples de Jésus faisant face au refus des samaritains de leur permettre de passer par chez eux, nous pouvons essuyer refus, mépris, oppositions de la part des autres. Cela peut être révoltant ; on peut s'en trouver humilié, et en éprouver toutes sortes de rancoeurs, ou même d'animosités. Alors l'envie nous passe d'en finir avec l'indique offenseur, avec l'espoir de se faire justice et de trouver la paix. Comme avec ses disciples, Jésus réprimande l'attitude belliqueuse et prescrit la patience du serviteur.

L'attitude de Jésus face à la réaction furieuse et belliqueuse de ses disciples est celle qui doit informer nos réactions face à ce que nous percevons comme injustices. Sa patience, sa tolérance, ne sont ni faiblesse, ni démission, ni même complicité avec le mal. Il a simplement appelé ses disciples à passer avec lui par un autre village. Il ne s'impose pas ; il respecte les convictions des autres, comprend les misères des faibles et des pécheurs. À tous il offre une attitude d'humanité et un rapport d'amitié et de fraternité qui témoigne de l'amour de Dieu.

« Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. » Ainsi réagiront spontanément ceux que notre attitude patiente fera voir Dieu présent. Le prophète Zaccharie annonçait déjà ainsi ce que produit un rapport personnel d'amour, qui était attendu de chaque juif vis-à-vis des peuples païens. Jérusalem devait être une ville ouverte à tous. Dieu avait interpellé ceux qui pensaient sécuriser la ville en érigeant des barrières. Il assurait qu'il serait pour eux une barrière de feu, leur sécurité et leur gloire. Nos seuls moyens humains en sont incapables.

On ne sauve que ce qu'on a assumé. Ceux qui servent par le ministère d'intercession savent qu'on ne peut pas prétendre prier pour le pays en le maudissant ou en faisant sans cesse le procès de ses limites, misères et autres vices. Seul l'amour transforme les coeurs, même les plus irréductibles. Et l'amour est patient, c'est à dire qu'il sait souffrir avec. Miséricordieux, il sait réinventer la vie, même à partir de la pire des misères, comme le font les entrailles d'une mère. L'amour attire en libérant, par la force de la vérité. Il requiert la patience des serviteurs.

De nos familles et communautés d'Eglise, il est attendu ce témoignage de patience, d'amour et de fraternité qui manifeste a tous la présence de Dieu. De Jérusalem on disait « Des peuples nombreux viendront à Jérusalem chercher le Seigneur. » De nos familles chrétiennes on doit aussi pouvoir dire : « Des peuples nombreux viendront à ces familles chercher le Seigneur. » La présence à l'autre, la connaissance de ses réalités , et une grande confiance en Dieu sont indispensables à cet effet. Que grandisse en nous la patience des serviteurs, celle montrée par Jésus, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

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