« Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion »
« Encore un peu de temps, et j’emplirai de gloire cette Maison »
— Ag 1, 15b – 2, 9
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup...qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » Jésus annonçait ainsi à ses Apôtres sa passion prochaine. Il venait de leur être révélé comme leMessie promis et attendu. Sa passion sera le secret de sa mission. Et sa conscience de qui il est, et de ce pourquoi il est venu donne sens à sa passion. Souffrances, et rejets, incompréhensions, sont alors assumés car, « il n'y a pas de vents contraires pour qui sait où il va.» Hegel disait, en effet, que « Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion. »
C'est la Passion de Jésus et sa résurrection qui ont révélé le type de Messie qu'il est. Il est présence de Dieu au coeur du monde. Il ne veut pas être vu comme un roi triomphant mais comme un serviteur souffrant pour la vie du monde. Il ne nous invite pas à rechercher un remède surnaturel contre la souffrance, mais à faire un usage surnaturel de la souffrance. En ce sens il nous invite à l'imiter, dans la foi. La foi en lui excite notre désir de lui laisser toute la place, enflamme notre passion pour le bien, nous fait dominer tout obstacle. Rien ne résiste à un coeur ardent à faire le bien.
Le prophète Agéé encourageait les bâtisseurs du Temple du Seigneur qui défaillaient. Dieu les assurait de Sa présence et de son Esprit. Il leur annonçait aussi la venue prochaine du Messie. Cela s'accomplira avec Jésus qui fréquentera le Temple et s'identifiera au Temple. C'est dans le Temple de nos coeurs qu'il veut être accueilli pour nous brûler de sa passion. Cette passion est ce qui nous porte à réussir les plus grands rêves. Elle nous fait dépasser le conformisme qui nous vole notre vocation prophétique et fait de nous de prisonniers du religieusement et du socialement correct de groupes de complicité.
Là où une certaine idée de la politique détruit la confiance en la vérité, en la justice, en l'équité et prône sans pudeur des valeurs normatives au gré d'intérêts égoïstes, se taire est coupable; ne pas s'en indigner est complice; prôner toute forme de violence, sauf celle de l'amour avec sa passion lucide est imprudent, inconséquent. Le devoir de s'indigner contre le mal ne saurait faire porter le manteau de la subversion à celui qui se laisse brûler par la passion de la vérité et du bien commun. Pouvoir assumer ce devoir et y aider les autres est une grâce, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.
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