Rendre à l'argent son rôle de serviteur sur le chemin de notre bonheur
« achètent le faible pour un peu d’argent »
— Am 8, 4-7
Par un bon usage des choses de ce monde, nous pouvons faire l'expérience de Dieu. Les choses créées, sensibles, peuvent et doivent nous faire connaître quelque chose de Dieu, et nous conduire à lui. Il nous faut gérer avec habileté ces trésors de la sainteté. Un mauvais usage de l'argent peut conduire à en faire notre maître ; à lui faire prendre la place de Dieu dans notre vie. L'argent, symbole des choses créées, peut accompagner notre marche sur le chemin de la sainteté. Il faut rendre à l'argent son rôle de serviteur sur le chemin de notre bonheur.
« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent », dit Jésus. Dans une parabole où il nous met ses disciples en garde contre l'argent trompeur, il les encourage à plus d'habileté et de créativité dans la gestion des biens mis à leur disposition. Les différentes paraboles des talents soulignent d'ailleurs la responsabilité de chacun de nous vis-à-vis des dons reçus de Dieu, que nous avons à faire prospérer, et dont nous aurons à rendre compte. L'argent fait partie des biens créés, qui sont parmi les dons que Dieu nous fait, pour nous conduire à Lui .
Jésus, le Verbe incarné, est le spécialiste des choses créées. Il nous aide à comprendre que ces choses créées, sensibles, peuvent nous mener à Dieu, qui est Invisible. Jésus nous aide à en faire bon usage au long de notre pèlerinage terrestre vers Dieu. Il nous invite à voir en chaque créature un moyen précieux au service du Créateur ; un instrument pour notre bonheur ; un trésor sur notre chemin de sainteté. Jésus interpelle notre habileté dans leur gestion, en nous donnant l'exemple du gérant malhonnête mais habile, de la parabole.
Jésus ne condamne donc pas les richesses. Il condamne leur mauvais usage, qui peut nous faire prendre aux pièges de l'idolâtrie. Diverses paraboles sur le Royaume des cieux nous le montrent. Dans une de ces parabole il parle du riche qui voulait garder pour lui seul les grandes productions de ses biens en faisant de grands greniers ; mais son âme était rappelée à Dieu avant qu'il n' ait jouit de ses biens. Dans les paraboles des talents aussi, celui qui n'a pas fait fructifier ses dons est réprimandé, et son peu, remis à celui qui en a plus.
Le prophète Amos nous montre que l'amour de l'argent durcit notre cœur, le ferme à la peine des autres. Il lui fait souvent commettre des injustices, et les pauvres en sont toujours les victimes. Il parle de ceux qui « diminuent les mesures, augmentent les prix et faussent les balances », rêvent d’« acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales, et vendre jusqu’aux déchets du froment » . Toute recherche de richesses qui devient source de violence sociale et empêche de rendre un culte à Dieu est ainsi condamnée..
La gestion habile et honnête des biens créés n'est pas possible par nos forces humaines sans l'aide de Dieu. Saint Paul prescrit en ce sens de prier pour tous, et spécialement pour les responsables en charge de la gestion des biens publics. Dans L'épître à Timothée, Il dit : « J’encourage à faire des prières pour tous les hommes à Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés. » Seul l'auteur de ces dons en maîtrise le mode d'emploi, et c'est à Lui qu'il faut toujours en référer pour leur bon usage.
La misère des peuples n'honore pas Dieu et ne saurait Lui être imputée. Les injustices et la mauvaise répartition des biens, qui pénalisent les plus petits, les pauvres et les faibles, sont une abomination aux yeux de Dieu. La paresse, et le manque de fécondité qu'elle engendre, sont une offense contre Lui qui, à la création, a donné la terre aux humains avec mission de la remplir et de la transformer pour le bien de tous. Puissions-nous reprendre toujours mieux conscience de cette responsabilité pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.
Communauté
0 messagesSoyez le premier à partager une pensée…