L'autorité qui libère et fait vivre
« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu »
— Lc 4, 31-37
Il y a la force de l'argument, il y a aussi la force comme argument. La première rend l'inutilité de l'autre toujours plus évidente. La force de l'argument, c'est la liberté que rend la vérité ; la sécurité que sait assurer la charité ; l'humilité qui se laisse séduire par les biens supérieurs, ceux que donne l'Esprit. La force de l'argument confère la véritable autorité. Elle dévoile la ruse du malin et dénonce les servitudes du péché. Elle restore la personne dans sa dignité ; elle fait revivre l'espérance et libère la prophétie. Il nous faut exercer l'autorité qui libère, fait vivre.
« Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » Jésus suscite l'émerveillement des foules loin de chez lui, alors qu'il n'avait trouvé que mépris et indifférence chez les siens. Il a dit alors « aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.» Jésus, en effet, était parti de Nazareth, ville où il avait grandit. Son discours prophétique n'avait pas suscité la foi des siens en lui, à cause de la grande familiarité avec lui, qui les aveuglait à son égard. À Capharnaüm, carrefour des païens où il s'était rendu, il reçut toute l'admiration.
Quand on sait qui on est, de quelle grâce on est comblé, pour quelle mission on est investi, les obstacles, oppositions et autres contrariétés cessent d'être vus comme des problèmes à résoudre, mais des appels du mystère d'amour à vivre. Là où le regard trop humain voit des occasions pour dominer, imposer ses objectifs, le regard humble informé par la foi, grandi par l'amour et rayonnant d'espérance voit des défis communs à relever: les privilèges sont pour lui des responsabilités ; le mal, l'ennemi commun à combattre pour être expulsé; et la vie brimée, à restaurer.
« Jésus est mort pour nous afin de nous faire vivre avec lui », dit Saint Paul aux fidèles de Thessalonique qu'il prépare à la venue du jour du Seigneur. Il fait noter certaines impressions de sécurité, comme illusoires, qui endorment. Elle dissuade de la nécessité de veiller: «Quand les gens diront: Quelle paix! quelle tranquillité!»
c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux », leur dit-il. Contemplons chaque atout et privilège comme don de Dieu qui nous confère l'autorité en vue du bien àfaire
Là où le mensonge, la manipulation, l'intrigue, et la haine deviennent arguments privilégiés ou même tolérés pour parvenir à nos fins, c'est la fin du contrat social qui est sonnée. La justice est à la solde des puissants; la politique, un cirque malsain pour perpétuer indéfiniment les intérêts des plus véreux ; même l'autorité aussi bien traditionnelle, religieuse, intellectuelle que morale perd ses lettres de noblesse pour servir et installer le chaos lent. Retrouver l'autorité de notre prophetisme devient l'urgence absolue pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
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