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Père Vital
Vert | Mercredi, de la férie, 20ème Semaine du Temps Ordinaire (semaine IV du psautier) de l'année Impaire · Saint Bernard, Abbé et Docteur de l'Eglise
mercredi 20 août 2025

Un salaire au-delà de tout mérite

« Vous m’avez dit : “Non, c’est un roi qui doit régner sur nous” – alors que votre roi, c’est le Seigneur votre Dieu »

— Jg 9, 6-15

Dieu ne nous fait pas grâce parce que nous sommes bons ; nous sommes bons parce qu'il nous fait grâce. Sa grâce précède et surpasse à l'infini les possibilités de notre réponse. C'est pourquoi nous ne méritons rien devant Dieu. Il ne nous doit rien. Dans la logique sociale du travail, le salaire est la contre partie du travail accompli ou du service rendu. S'il récompense un mérite c'est celui d'avoir honoré fidèlement notre part du contrat. Même là, nous n'aurons fait que notre devoir. Le bien que nous faisons dans le Christ nous obtient un salaire au-delà de tout mérite.

« Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? » La réponse du maître de la vigne au premier embauché interpelle nos prétentions à mériter le don de Dieu. Toute discussion de leadership, toute réclamation de quelques honneurs, de possessions ou même de mérites qui nous soient dus, disent quelque chose de notre difficulté à reconnaître, mieux, à contempler les dons reçus de Dieu. Les dons de Dieu invitent notre gratitude et suscitent le meilleur de notre générosité.

On ne peut se reconnaître bénéficiaires du don gratuit de Dieu et trouver du temps pour haïr, jalouser, ou engager de sordides compétitions pour prouver aux autres ce que nous valons. Qui a conscience des privilèges gratuitement reçus de Dieu reconnaît sa responsabilité vis à vis du bien commun. Il met toute son énergie, la générosité de son coeur et la créativité que suscite l'amour pour, avec courage et joie, faire rayonner le don de Dieu. Il n'est pas à l'affût de positions de pouvoir ou de prestige, tant il voit l'immensité de ce qu'il a et qu'il doit offrir.

«Faudra-t-il que je renonce à mon huile, qui sert à honorer Dieu et les hommes, pour aller me balancer au-dessus des autres arbres ? » Cette réponse de l'olivier aux arbres qui voulaient de lui comme leur roi montre bien l'attitude qui est attendue de nous : cette liberté face aux titres et prestiges humains pour pouvoir déployer au mieux le don de Dieu. Au contraire de l'olivier et de la vigne qui savent qu'ils ont quelque chose de précieux à offrir, le buisson d'épines qui est stérile en bonnes oeuvres s'est précipité pour accepter l'offre d'être roi de tous les arbres.

Un bon joueur ne manque pas d'équipe, dit-on souvent. Cette bonté du joueur, engagé pour la gloire de Dieu et le bien de l'humanité, il la voit comme fruit de la seule bonté de Dieu. Elle lui évite le regard mauvais que le propriétaire de la vigne dénonce dans l'attitude de celui qui se croyait plus méritant que les autres. Il lui dit : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Que la foi au Christ qui nous unit à lui et nous comble de sa grâce pour nous faire participer à son oeuvre créatrice nous comble de joie, pour la gloire de Dieu et le salut du monde

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