Ce combat, nous le vaincrons avec le Christ et à l'école de Marie
« Une Femme, ayant le soleil pour manteau et la lune sous les pieds »
— Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab
La fête de l'Assomption nous rappelle la réalité du combat que nous avons à mener contre les forces du mal. C'est le combat exorciste de l'Église contre l'infernal dragon et ses suppôts qui étendent leur influence en nous et autour de nous, dans la société. Ce combat, le Christ a définitivement vaincu par sa passion, sa mort et sa résurrection.Marie en a assumé la victoire dans son âme et dans son corps. Comme elle à chacun de nous de l'assumer aussi. Par la Parole et l'action de grâce, ce combat, nous le vaincrons avec le Christ et à l'école de Marie,
Le combat de la vie, c'est le combat contre les forces hostiles des divers dragons qui hantent nos vies et nos espaces de vie, prêts à dévorer chaque vie naissante, chaque etoile qui se lève, chaque motif d'espérance qui paraît. La vision de saint Jean nous dit que « le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. » L'image
de la femme menacée par le dragon est une figure de Marie, Mère de L'Église, et qui conduit et accompagne l'Eglise dans le combat contre tout ce qui s'oppose au bonheur auquel Dieu nous a destinés.
Les dragons qui menacent constamment notre marche vers le bonheur sont nombreux: c'est le dragon que suscite la faiblesse de notre chair blessée par le péché, et qui nous fait céder à la concupiscence de la chair. C'est le dragon des structures du péché sécrétées dans la société par nos imprudences et nos compromissions et agissements malveillants par lesquels nous entretenons les pratiques de corruption, de népotisme, racisme et tribalisme, et toutes les autres formes d'injustices structurelles. Le dragon c'est surtout l'Antique Ennemi de Dieu.
Dans notre société où la recherche du pouvoir ou le souci de le conserver à tous les prix sont au coeur des préoccupations de la plupart, les compromissions les plus abjectes s'observent. L'antique dragon se fait des adeptes et suppôts qui menacent de prendre en otage le peuple et ses intérêts. Les Loges et sociétés secrètes, et les recours à toutes sortes de talisman ou de gages de puissance sont les abris des dragons modernes. Les consequences de leur adoration sont l'arrogance exacerbée et le mépris de la justice qui font des citoyens de passifs faire- valoir, bons a être broyés envisagent la révolte.
La fête de l’Assomption de Marie nous rappelle la victoire du Christ sur les dragons et la mort. Marie est la première des disciples à assumer cette victoire. Elle nous fait comprendre la merveille que Dieu réalise en ceux qui disent "oui" à sa volonté et se laissent rejoindre par sa grâce ; ceux qui accueillent sa Parole. Marie a dit « Oui » au plan de Dieu pour elle, et en son sein le Verbe de Dieu s’est fait chair. En elle Dieu était présent comme il l'était dans l’Arche de l’Alliance, qui contenait les tables de la Loi, et était le siège de sa présence visible.
En la fête de l’Assomption, l’Eglise se rappelle, dans la joie, que la Vierge Marie, comblée de grâce par le Père, a été élevée en son Corps et en son âme, pour communier pleinement à la gloire de son Fils. En cette fête, nous célébrons en même temps notre foi par laquelle nous croyons que nous serons nous aussi, avec Marie, admis dans la gloire du ciel. En la fêtant, Marie nous dispose à accueillir la grâce d'une bonne mort, la grâce de la persévérance finale, jusqu'au bout, dans le combat de la vie que nous livrons contre les dragons de notre temps
l'Évangile de la Visitation de Marie à sa cousine Élisabeth nous plonge dans l'atmosphère de joie qui doit entourer cette fête. C'est la joie des témoins de la vie humainement impossible que Dieu rend possible. Cette joie se communique par la rencontre de l'amour : Élisabeth, stérile, et Marie, Vierge, se rencontrent, et les enfants miracles en leurs seins se rencontrent ; Jean- Baptiste exulte et sa mère reçoit là le signe de la présence du Sauveur : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? », s'écrie-t-elle.
Par sa rencontre avec sa cousine, Marie éduque nos rencontres.Elle nous rassure de sa maternelle présence pour leur donner d'être ce qu'elles doivent être : les rencontres pour offrir, communiquer l'amour de Dieu et témoigner de la joie de Sa miséricorde offerte à tous. Cette joie est spécialement accueillie par les petits et les humbles. Le MAGNIFICAT de Marie invite notre propre Magnificat, le chant en action de grâce pour les merveilles reçues de Dieu. Cette reconnaissance des merveilles de Dieu et la joie qu'elle suscite sont signes de notre victoire
En célébrant la fête de l’Assomption c’est vraiment notre victoire, dans la foi au Christ, que nous célébrons. C’est la victoire de la puissance de la Parole de Dieu accueillie, et qui nous transforme et nous protège contre les affres du péché. Notre constante disponibilité à accueillir la Parole de Dieu fait de nous, à la suite de Marie et à l'école de son Rosaire, de véritables tabernacles de sa Présence. C'est le Christ en nous par sa Parole qui nous assure la la fidélité jusqu’au bout et la victoire définitive sur la mort, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
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