Pardonner toujours n'est-ce pas encourager le pécheur?
« L’arche de l’Alliance du Seigneur va passer le Jourdain devant vous »
— Jos 3, 7-10a.11.13-17
La mesure du pardon, ce n'est pas notre générosité. Le pardon est un don immense de Dieu. On ne le mérite pas. Et pourtant il faut s'ouvrir à ce don pour le recevoir. Le pardon c'est Dieu qui se donne à nous pour nous délier des prisons de nos péchés et nous faire vivre au-delà de nos mérites. Aucune transgression et faute ne peut limiter le pardon se Dieu. Il est donné afin d'être partagé, il est reçu pour en faire rayonner l'humanité. Le pardon se donne à ceux qui croient le mériter comme à ceux qui s'en imaginent indignes, ainsi qu'à ceux que l'on juge comme tels : nos ennemis.
On demande souvent : « pardonner toujours, n'est-ce pas encourager le pécheur? » . Refuser de pardonner nous prive nous-même de cette liberte et de la vie donnée. La puissance du pardon qui libère, c'est cette puissance de vie qui vient de Dieu et permet de passer devant tous les obstacles dressés par le péché, par notre péché. « L’arche de l’Alliance du Seigneur va passer le Jourdain devant vous », disait le Seigneur à Moïse.C'est le Seigneur qui donne à tous l'opportunité de recevoir sa grâce, son don et sa miséricorde. N'y faisons pas obstacle.
Intendants de l'offre de justice et d'amour, de la vérité et de la miséricorde de Dieu, c'est à tous que nous sommes appelés à la porter, sans en faire une faveur pour les uns et du chantage pour les autres ; une caution pour le malicieux et un désaveu pour qui réclame justice en toute légitimité. Les chrétiens, et L'Église dont ils ont le privilège d'ouvrir les portes au monde pour, à tous, faire jouir le trésor des grâces divines, ne peuvent trahir leur vocation et leur mission en allant vers tous ; en permettant à tous de faire valoir ce qu'ils ont à donner ; en défendant les victimes de l'erreur ou des abus.
Mais l'Église est prophétique et ne saurait jouer à l'équilibriste, et encore moins à se confondre aux courants dominants sans se tenir prête à rendre compte à quiconque le lui demande, les raisons de son espérance, les motivations de ses prises de positions, la justice de ses actes.
Reconnaître le bien et les efforts fournis par le malicieux, même limités, est necessaire pour se donner la légitimité et la crédibilité de faire son procès. Alors, le procès de de ceux dont on critique la gestion du bien commun se fait avec cette autorité du Christ qui dénonce le mal et le combat en invitant le coupable à pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
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