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Père Vital
Vert | Dimanche, 18ème Semaine du Temps Ordinaire de l'année C
dimanche 3 août 2025

Au bonheur par la communion qui féconde le travail créateur en vue de partager

« Que reste-t-il à l’homme de toute sa peine ? »

— Qo 1, 2 ; 2, 21-23

« Recherchez les réalités d’en haut ; c’est là qu’est le Christ assis à la droite de Dieu », dit Saint Paul. Notre bonheur est en Dieu. Notre sécurité et notre repos sont en Lui. C'est dans le Christ que nous parvenons à Dieu. Mais il nous faut nous élever jusqu'au Christ. C'est par L'Esprit Saint, qui nous comble de ses dons, que cette montée est possible. Bien compris et accueillis, les dons de l'Esprit nous élèvent au Christ dans Sa Parole. La Parole du Christ nous porte au bonheur par la communion qui rend fécond le travail créateur en vue de partager.

Jésus nous a indiqué la contemplation de sa Parole comme étant l'unique nécessaire. Dimanche dernier, il nous a encouragés à demander pour recevoir, à chercher pour trouver, à frapper pour que la porte nous soit ouverte. Il nous révélait alors ce que nous devons demander par-dessus tout, à savoir, l'Esprit Saint. l'Esprit Saint nous fait travailler grâce à ses dons, et nous fait produire ses fruits, qui augmentent à mesure qu'ils sont partagés.

Dans la parabole de l'homme riche qui voulait tout garder pour lui-même, Jésus nous met en garde non pas contre les richesses, mais contre leur mauvais usage, contre le refus de partager. Il prévient : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et cet homme, fou, qui voulait tout garder était rappelé à Dieu avant même qu'il n'ait jouit de ses richesses. Et Jésus nous dit : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

C'est cette folie de la course à la richesse et au pouvoir que le Livre de l'Ecclesiaste dénonce, dans le cheminement spirituel du peuple d'Israël. Il nous exprime la déception d'un homme qui s'est fait prendre au piège de cette illusion des biens matériels, périssables. « Vanité des vanités, tout est vanité ! » Il montre combien étaient vaines les actions de ce peuple, assoiffé de vie, mais qui a cherché cette vie dans la réussite toute terrestre. « Recherchez les réalités d’en haut », comme nous le rappelle fort opportunément saint Paul.

Nous sommes comme des mines d'or à exploiter pour enrichir le monde. Notre coeur est une réserve inépuisable de richesses à faire fructifier. Il faut pouvoir exploiter la mine d'or de notre coeur. Il faut permettre à notre coeur de livrer sans cesse les fruits les meilleurs de sa richesse. Cela nécessite que nous fassions constamment le pèlerinage au plus profond de notre coeur. C'est la lumière de sa parole qui éclaire notre chemin ; c'est par la force de sa Parole, accueillie dans la puissance de l'Esprit, que se fait ce pèlerinage.

Jésus nous dit : « Si quelqu'un m'aime, il accueille ma Parole. Mon Père l'aimera. Nous viendrons vers lui, et chez lui,nous ferons notre demeure. » Dieu est notre unique richesse véritable. Il enrichit notre coeur sans l'encombrer, mais en y trouvant de la place pour tous, et en nous libérant nous-mêmes de tous et de tout. Ce n'est pas le cas des biens matériels, qui sont légitimes et désirables. Mais ils doivent être recherchés toujours en vue du partage qui, seul, nous rend heureux.

En évaluant l'accueil de cette Parole qui eclaire la grâce propre du Renouveau charismatique, et son identité, nous avons vécu ce Jubilé d'or du Renouveau charismatique au Cameroun. Nous avons compris combien nous sommes riches, riches de Dieu, et combien il est urgent de redécouvrir ces richesses, particulièrement celles reçues au baptême, pour les mettre au service de la transformation, en profondeur, des coeurs et de la société. " Mets ta lampe sur le chandelier " a ainsi résonné comme une invitation urgente à nous y consacrer à fond.

Nous avons pu alors redécouvrir la merveille de la vie dans l'Esprit ; la nécessité de se laisser initier, en permanence, à la connaissance, au discernement, à l'accueil et à l'usage des dons spirituels et charismes pour notre propre sanctification et pour la promotion du bien commun. C'est ce qui donnera sa consistance à notre foi ; manifestera la vérité de notre relation au Christ ; assurera la vigueur, la pertinence et la crédibilité de notre témoignage ; et la fidélité à notre vocation, au coeur des joies et des difficultés rencontrées.

C'est donc à un pèlerinage de montée vers Dieu, notre bonheur, que nous sommes invités, en ce dimanche, au terme de ce Jubilé. Que le Seigneur nous donne de comprendre, de mieux en mieux, cette sagesse qui nous fait accéder au bonheur de Dieu par la communion filiale au Christ. C'est notre communion au Christ qui est la clé pour une véritable communion fraternelle par laquelle chacun est reconnu dans la beauté et la grandeur de sa vocation, dans la richesse de sa grâce et dans la responsabilité de donner le meilleur le meilleur de lui pour le bien de tous

Reconnaître la vanité de toute chose créée fait chercher les réalités d'en haut en communiant avec le Christ. C'est la vraie richesse que nous avons à partager pour être heureux. Et comme disait l'archevêque Jean Zoa : « le bonheur du chrétien consiste à partager. Pour partager, il faut avoir. Pour avoir, il faut produire abondamment. Pour produire abondamment il faut travailler rationnellement. Pour travailler rationnellement, il faut s'organiser solidairement. » Pour s'organiser solidairement il faut communier fraternellement et pour cela, communier filialement dans le Christ, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.

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