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Père Vital
Vert | Dimanche, 16ème Semaine du Temps Ordinaire de l'année C
lundi 21 juillet 2025

Bâtir la demeure intérieure pour construire les immeubles extérieurs

« Mon seigneur, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur »

— Gn 18, 1-10a

Dimanche dernier, à travers la parabole du bon Samaritain, Jésus nous invitait au service par l' amour qui fait de nous le prochain de chaque personne en nécessité. Aujourd'hui, il nous fait comprendre que ce service d'amour nous ouvre à l'accueil, à l'hospitalité. Et le premier à servir, le premier à accueillir, c'est lui. On l'accueille en accueillant sa Parole. Il a promis: « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma Parole, mon Père l'aimera, nous viendrons vers lui, et chez lui nous ferons une demeure.»Il faut batir la demeure intérieure pour construire les immeubles extérieurs.

Jésus nous enseigne que l'unique nécessaire, c'est de l'accueillir. C'est parce que nous l'avons accueilli dans nos cœurs que nous pouvons le porter au monde par le service sincère et juste, par l'accueil et l'hospitalité vrais, par de solides constructions et réalisations qui profitent bien à tous. A Marthe qui accusait sa soeur, Marie, de lui avoir abandonné le service pour s'asseoir aux pieds de Jésus et écouter sa Parole, Jésus disait : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Accueillir avant tout le Seigneur est ce qui fait porter du fruit dans la vie. Cette hospitalité est ce qui a valu à Abraham et Sarah la promesse de l'enfant qu'ils ont désiré toute leur vie. Ils ont accueilli le Seigneur sous l'aspect de voyageurs étrangers qui passaient devant leur tente.A ces étrangers, Abraham disait : « Mon seigneur, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. » Le service prend tout son sens lorsqu'il devient accueil, lorsque qu'il fait à Dieu et aux autres de la place dans nos cœurs.Là où à Dieu on laisse toute la place dans notre coeur,les autres aussi y trouvent place, et notre vie devient féconde.

Sans déprécier le service face à la prière, et sans même les opposer, Jésus replaçait chacune de ces bonnes attitudes à leur vraie place et dans leurs véritables perspectives. Des deux, à savoir, le service et la prière, il y a un lien étroit, une relation de cause à effet. Le service véritable, le service par amour et désintéressé, est la conséquence de la prière authentique, de la contemplation. La prière est la seule chose necessaire.

On ne peut ni servir sans prier, ni prier sans servir. Prier sans servir, c'est ignorer Dieu et ignorer qui l'on est soi-même ; c'est aussi avoir peu de considération pour les autres ; c'est enfin perdre de vue la beauté du don que Dieu nous fait dans la richesse de la création entière, qu'il confie à nos soins. Prier sans servir, c'est faire de la religion de l'obscurantisme, c'est prendre Dieu pour un magicien, pire, c'est faire de lui l'ennemi de la responsabilité et de la créativité humaines.

Autant prier sans travailler est à décourager, autant travailler sans prier, bien qu'humainement gratifiant, ne peut servir le bien ultime de l'âme humaine. D'une certaine manière, c'est méprisant pour Dieu et signe d'orgueil pour la personne humaine. Travailler sans prier c'est croire qu'on est capable, par nos seules forces, de nous sauver ou de sauver les autres. Il est difficile de travailler sans prier sans contredire le service, et sans trahir l'hospitalité.

Le service véritable nous ouvre à l'hospitalité. C'est l'hospitalité qui permet, en retour, à notre action, à notre service, de porter tous ses fruits d'amour. Une action, une démarche, une initiative entreprise, qui ne concourt pas à servir, est pure agitation. Elle nous fait alors nous imposer aux autres seulement pour gagner leur admiration et leurs compliments ; pire, elle peut devenir exploitation éhontée des autres.

Que le désir d'agir nous porte toujours à la nécessité de servir en toute charité, pas par contrainte, ni par devoir, et encore moins par intérêt, un intérêt souvent égoïste. Nous trouverons alors à tous de la place dans nos cœurs, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.

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