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Père Vital
Vert | Dimanche, 15ème Semaine du Temps Ordinaire de l'année C
dimanche 13 juillet 2025

Soyons le prochain de notre société en péril, pour raviver l'espérance

« Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique »

— Dt 30, 10-14

La loi de Dieu, c'est la loi de l'amour. Elle ne nous est pas étrangère, elle est inscrite dans nos cœurs. Nous y participons ; c'est elle qui nous libère et nous fait grandir en sainteté ; et nous avons à en témoigner en aimant Dieu et le prochain. Cette loi de l'amour nous est révélée dans la Parole de Dieu, qui nous indique ce qu'il faut faire pour aimer en vérité, et de façon concrète. L'auteur sacré nous le rappelle : « Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique. »

La Parole de Dieu a pris une voix et un visage en Jésus Christ. Il est le « Verbe incarné », la Parole de Dieu faite chair. Il accomplit la Parole de Dieu en sorte qu'il n'y a pas autre chose à révéler de Dieu et de Son amour en dehors de lui, Jésus Christ. Saint Paul nous dit qu'il « est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature. Et tout est créé par lui et pour lui. » Écouter la Parole de Dieu en contemplant la vie de Jésus Christ, dans les Évangiles, nous fait découvrir ce qu'est aimer concrètement, et en vérité.

La parabole du bon Samaritain nous montre comment nous devons vivre concrètement la loi de l'amour de Dieu et de nos frères. Par elle, c'est le portrait de Jésus se faisant le prochain de chaque personne humaine, qui est decrit de façon si vive. Elle nous appelle nous aussi à en faire autant. Jésus se fait le prochain de notre l' humanité entière, brimée, blessée par le péché, et laissée sur le bord du chemin de la vie. Par la parabole du bon Samaritain, nous sommes prévenus contre la tentation de vivre notre foi par de belles paroles et sans action concrète.

La parabole nous évite de nous réduire à des fonctionnaires de la religion, très occupés à assurer le service de la loi, à célébrer, observer rites et rituels, à protéger des traditions rigides, mais sans nous préoccuper de la vie concrète et des souffrances des autres. C'est dans ce travers que sont tombés le prêtre et le lévite qui n'ont pas cru devoir porter secours au blessé laissé pour mort au bord du chemin, victime de la cruauté de brigands.L'indifférence du prêtre et du lévite devant les appels de la souffrance humaine prive la foi de son contenu et de son sens.

Nos sociétés, nos pays, aujourd'hui en proie à toutes sortes de spoliations, d'exploitation par leurs élites et avec la complicité des loges, des cabinets obscures et autres agences du mal et de la misère ont tout de cet homme laissé pour mort au bord du chemin de la vie.Les richesses et tout le potentiel naturel, convoités par d'amis de circonstance avec les complicités internes en font plutôt des proies prisées de prédateurs sans scrupules. Décrire et dénoncer ces crimes véritables contre nos peuples, c'est bien.Mais il importe de faire notre examen de conscience.

Il est trop d'facile de rejeter sur les autres les causes du mal qui nous accable si nous ne voyons pas comment nous y participons nous- mêmes et combien la conversion personnelle est nécessaire. Sans cette introspection sans détours des disciples du Christ que nous avons le privilège d'être, notre foi perd de sa lucidité de sa vigueur et de sa crédibilité ; notre amour perd de sa créativité, de sa pertinence , de son pouvoir de faire renaître la vie là où elle a été frustrée ; l'espérance perd de sa force du désir des biens supérieurs. Le monde en nous et tout autour de en est appauvri.

Dans la foi active en Jésus, nous avons ce qu'il faut pour être le prochain de nos sociétés en ruine. Jésus est le Bon Samaritain dont l'huile et le vin versés sur les plaies de la victime sont les sacrements de l'Eglise, qui est l'aubergiste à qui il confie le soin du malade. En redonnant tout leur sens aux sacrements, c'est toutes les puissances d'agir pour le bien et contre le mal et ses supports, contre les ennemis de la vie et du bonheur humain que nous actionnons. Les intrigues de l'adversaire ne résistent pas à la puissance de l'Eucharistie vecue en cohérence.

L'Eucharistie et les sacrements, la vie de prière authentique nous mettent en ordre de bataille avec le glaive puissant de la Parole et notre foi comme bouclier. Nos passions immodérées et incontrôlées, notre monde et ses structures du péché, le malin et ses suppôts qu'il multiplie autour de nous, qui sont ces bandits qui tuent notre monde d'aujourd'hui. Notre engagement à y répondre, dans la force de l'amour, ne doit pas ceder aux pressions de la peur, ni a la tentation de la démission et du desespoir. Notre devoir civique de choisir librement nos responsables y contribue aussi puissamment.

Notre désir profond de suivre la loi d'amour inscrite au fond de nos coeurs fait de nous de fidèles témoins du Christ. Il nous permet de devenir le prochain de chaque personne en souffrance que nous rencontrons au quotidien. Que cette prise de conscience renouvelée de cette puissance d'amour qui est en nous nous porte à renouveler le monde par l'amour et les combats constants pour la justice, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.

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