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Père Vital
Blanc | Mercredi de la 5ème Semaine du Temps Pascal · Nous fêtons saint Christophe Magallanes, prêtre, et ses compagnons martyrs
mercredi 21 mai 2025

« Que vous portiez beaucoup de fruit », pour faire vivre l'espérance

« On décida qu’ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question »

— Ac 15, 1-6

Deviens ce que tu es supposé être ; cherche à réaliser la meilleure version de toi-même, alors tu seras Beaucoup plus fécond, tu porteras beaucoup de fruits. Il s'agit de découvrir et d'assumer ce dont le Créateur nous a pourvus et comblés pour nous rendre heureux. C'est ce qui fait Sa gloire : « Ce qui fait la gloire de mon Père, dit Jésus, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples », pour faire vivre l'espérance.

A ses disciples, Jésus disait : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. » Ces fruits sont les fruits authentiques de l'amour. C'est fruits de l'amour sont le signe authentique par lequel on les reconnaît. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Ainsi, rester connectés à la source de l'amour, ou y retourner lorsqu'on s'en est éloignés, est alors le véritable défi de la fécondité des chrétiens.

Notre fécondité, en tous points de vue, répond à une logique qu'il faut assumer. Pour être fécond, pour produire de fruits authentiques et en abondance, il faut pouvoir être le signe de ce qu'on représente ; pour faire signe, il faut retrouver son identité ; et pour retrouver son identité, il faut retourner à la source de la grâce. C'est l'équation de la fécondité. Il faut retourner à ce qui, dès le départ donne tout son sens à notre vie. Et seul l'amour donne sens à notre vie.

Pour retourner à la source, à la source de notre fécondité, il nous faut nous garder de toute passion aveuglante qui pousse à s'attacher, comme par idéologie, à telle ou telle autre culture de façon exclusive. Il nous faut aller plus loin que de nous réclamer de nos " cultures ancestrales ", ou de clamer notre fidélité à un christianisme drappé dans ses habits culturels empruntés à d'autres cultures. Comprise comme il se doit, toute culture authentique nous mène à l'amour. Et Dieu est amour. C'est le Dieu que nous révèle Jésus Christ, par qui nous parvenons jusqu'à lui.

Des juifs convertis au christianisme voulaient imposer les pratiques juives aux chrétiens venus du monde païen. Ils leur disaient : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » La discorde suscitée alors, et les discussions qui s'en sont suivies, menées par Paul et Barnabé, nécessitaient un retour aux sources authentiques de la foi chrétienne : « On décida qu'ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question »

Il existe un contraste frappant entre une certaine ferveur religieuse chez les chrétiens et le délitement du tissus social, rongé par des injustices criardes. L'accroissement du nombre de baptisés et les nouveaux fidèles ainsi agrégés à nos Églises, malgré de réels efforts de témoignage authentiques de bien de chrétiens, peine encore à avoir l'impact décisif que la société est en droit d'en attendre. Notre fécondité, comme chrétiens, disciples de Jésus Christ, est alors vivement interpellée.

Que notre désir de bonheur et de fécondité nous poussent à interroger constamment notre relation au Christ. Retrouver une initiation chrétienne qui tire sa substance du Christ et qui enracine les initiés dans le Christ est un impératif. Encourager et valoriser ce qui se fait déjà en ce sens et retrouver toutes les semences d'amour dont regorgent nos cultures diverses y aidera certainement, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.

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