Contempler le Christ pour voir le Père et faire vivre l'espérance
« Eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes »
— Ac 13, 44-52
« Celui qui m’a vu a vu le Père » répond Jésus à Philippe qui lui disait : «Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jesus peine à se faire reconnaître comme celui qui est venu d’au près du Père pour le salut du monde, et surtout comme celui par qui le Père, qui nous attire à Lui, se fait voir. Saint Paul dit du Christ Jésus qu'il est « l'image visible du Dieu Invisible. » Nous sommes faits pour voir Dieu. C'est le désir le plus profondément enraciné en nous du fait d'être créés à son image. Il nous faut Contempler le Christ pour voir le Père et faire vivre l'espérance.
Contempler le Christ n'est pas facultatif ; c'est une exigence directe de l'amour qui nous est prescrit par le Père. Et « l'amour authentique est toujours contemplatif », comme nous le rappelait le Pape François. Le Pape Saint Jean Paul II, dans sa Lettre apostolique Rosarium Virginie Mariae, publiée en 2002, et voulue par lui comme couronnement du Grand Jubilé de la rédemption, presente la Bienheureuse Vierge Marie comme « Maîtresse et modèle de contemplation », et son Rosaire comme école achevée de contemplation.
Par la méditation des Evangiles pendant notre prière du Rosaire, nous contemplons le Christ en ses divers mystères. Chacun des mystères du Rosaire nous offre un aspect du visage du Christ à contempler. Saint Jean Paul II dit en ce sens que Prier le Rosaire c'est : « Avec Marie, contempler le visage du Christ. » Toute saine contemplation produit la conformation, à la ressemblance. Celui qui contemple le Christ tend à ressembler au Christ, qui nous conforme alors en lui. Il nous rend la splendeur de l'image de Dieu reçue à la création.
Jésus qui rappelle à Philippe que qui l'a vu a vu le Père nous invite ainsi à cette contemplation qui nous fait voir le Père en qui nous trouvons notre repos, notre bonheur. C'est une aventure dans la foi. L’enjeu de la foi est de la plus haute importance. “Croyez-moi” dit Jésus à tous ceux qui l'écoutent, à ses disciples, à nous. Son lien avec le Père ouvre tous ceux qui mettent en lui leur foi, aux prouesses que seule la puissance de Dieu à l’oeuvre dans le monde peut réaliser. « Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes », dit Jésus
Les païens qui s’ouvraient à la Parole de Jesus faisaient l’expérience de cette joie immense et profonde que le monde ne saurait donner. Au contraire les juifs à qui ce privilège était voulu en premier, s'en montraient réticents. Et Paul leur disait : « Puisque vous rejetez la Parole, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. » Accueillir avec foi la Parole de Dieu qui nous fait contempler le Christ est un défi des plus urgents pour notre monde. C'est un de ces moyens privilégiés pour tout restaurer dans le Christ, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
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