La puissance du témoignage brave la menace pour faire rayonner l'espérance
« Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu »
— Ac 4, 13-21
L'argument de la force ne fait pas la force de l'argument, dit-on souvent. Dans la démarche de foi, rien ne vaut l'expérience personnelle.Elle agit telle une arme qui rassure, convainc, porte en avant de tous les obstacles pour faire valoir la vérité de sa certitude.Même les vérités de foi les plus essentielles n'impactent véritablement la vie des personnes,des sociétés et de L'Église que dans la mesure où elles sont propagées en les presentant comme témoignages de vie.La puissance du témoignage brave toute menace contre la foi pour faire rayonner l'espérance.
Face aux chefs du peuple, aux Anciens et aux scribes qui multipliaient les stratagèmes pour les réduire au silence, les Apôtres Pierre et Jean affichaient une assurance à résister à toute épreuve. Alors qu'on leur interdisait formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus, ils répondaient : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » La puissance du témoignage dévoile et démonte l'indécence de toute menace, elle s'impose à toute incrédulité.
Même ceux qui avaient vécu avec Jésus et qui s’affligeaient et pleuraient avaient difficilement cru au témoignage des témoins du Ressuscité. Devant le témoignage de Marie Madeleine, Saint Jean dit de ces premiers compagnons de Jésus que « quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. » Les Onze eux-mêmes eurent des difficultés à croire au témoignage des disciples d' Emmaüs jusqu'à ce que Jésus se manifeste à eux aussi pendant qu’ils étaient à table. Cette expérience bouleversa leur vie.
Les Apôtres étaient reconnus par les responsables religieux comme des gens « sans culture et de simples particuliers. » Mais à la faiblesse des arguments qui leur étaient imposés par ces chefs, sous la forme de menaces, les Apôtres opposaient la force des faits notoires, de l'incontestable vérité de leurs affirmations, de la puissance du témoignage de leur expérience du Ressuscité qu'ils avaient contemplé. La crédibilité de la contemplation démonte l'autorité de toute manipulation.
Les dictatures en tous genres, les pratiques de dissuasion en vue de faire taire ceux qui nous contrarient, ou mettent à mal notre autorité exposent, plus que tout, la fragilité de notre crédibilité. La menace, le chantage , les humiliations et tentatives de corruption des autres, pour imposer notre vision des choses, dévoilent la faible pertinence de nos options. Cette faiblesse de l'usage abusif de l'autorité se brise devant la force de l'expérience et la vigueur du témoignage.
Aujourd'hui, plus que hier, l'urgence de témoigner du Ressuscité s'impose comme une nécessité de rendre compte d'expériences vécues de la présence amoureuse et de l'action puissante de Dieu dans nos vies. L'accès à ces expériences du Ressuscité nous est ouvert. L'essentiel de la formation spirituelle est encore trop dominé par le recours aux dévotions. De même, l'éducation religieuse est encore trop limitée à la communication intellectuelle de formules abstraites.
Une véritable initiation à la rencontre de vie avec le Christ aidera certainement beaucoup mieux la démarche de foi et le témoignage attendu de chacun de nous. Jésus prescrivait leur mission aux Onze Apôtres en leur disant : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » Que notre soouci de répondre nous aussi aux appels de la mission nous porte à nous ouvrir de lieux en mieux au discernement des signes de la présence et de l'action de Dieu dans nos vies. Nous en témoignerons alors toujours mieux, pour la seule gloire de Dieu et le salut du monde.
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