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Père Vital
Blanc | Vendredi dans l'Octave de Pâques
samedi 26 avril 2025

Le miracle de la miséricorde qui ravive l'espérance

« En nul autre que lui, il n’y a de salut »

— Ac 4, 1-12

Il y a un ordre des actions et projets humains, il y a aussi un ordre des oeuvres et desseins divins. Le premier a ses limites; le second est sans limites. Les meilleures des volontés humaines ont besoin d'être affermies, motivées, et éclairées pour garder un régime continu ; mais les baisses de régimes ne manqueront que rarement. La volonté divine, au contraire, est immuable, parfaite, éternelle et explique Sa fidélité inconditionnelle. Elle nous ouvre sans cesse au miracle de la miséricorde qui ravive l'espérance.

A ses disciples déçus par l'échec de leur pêche, Jésus disait : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils le firent : « Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. » La droite de la barque vers laquelle Jésus les orientait rappelle la droite du Père où siégeront, au jugement dernier, ceux qui auront fait Sa volonté ; c'est le domaine de la miséricorde. Ceux qui s'y laissent introduire permettent à Dieu de produire le miracle de Sa miséricorde.

Les poissons de la prise abondante, en effet, représentent la perfection de l'union des réalités humaines à celles divines. Les 153 poissons du miracle correspondant alors au carré des 12 tribus d'Israël, qui représentent l'humanité entière, unie au carré de 3, symbole de la Trinité. Cette lecture du miracle dispose alors arithmétiquement que 153 = (12x12) + (3x3). L'abondance, la fécondité de l'oeuvre humaine est assurée par son élévation divine dans la foi en Jésus Christ.

Pour les disciples de Jésus, l'aventure dans laquelle ils se sont laissés embarquer par lui était merveilleuse ; mais la passion et la mort du Maître ont comme sonné la fin du rêve. Ils n'avaient jusque-là eu qu'une compréhension encore trop humaine du dessein de Dieu. Il fallait repartir à la vie d'avant la rencontre de celui qui les a tant séduits. Simon-Pierre disait à ses camarades : « Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondaient : « Nous aussi, nous allons avec toi. »

Jésus, pendant qu'il était encore avec eux, les avait prévenus que c'est unis à lui qu'il seront féconds. Il leur disait : « Hors de moi vous ne pourrez rien faire. » Saint Jean nous dit qu'à la suite de Pierre « Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.. » C'est alors que Jésus, ressuscité, les rejoignait au lever du jour, sur la rive du lac, et leur prescrivait l'attitude qui bouleversera tout et donnera aux choses un cours nouveau.

C'est de cette réalité aussi que Pierre et Jean témoignent après la guérison de l'infirme de la Belle Porte. A ceux qui leur demandaient : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? » ils répondaient avec courage et sans détours : « c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié
mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts... En nul autre que lui, il n’y a de salut. »

Lorsque nos projets et espoirs semblent déçus, lorsque les choses cessent d'être ce que nous attendons qu'elles soient, tournons-nous toujours vers le Seigneur pour nous rassurer que nous correspondons bien à Sa volonté. Laissons-nous alors renouveler dans la puissance de sa miséricorde qui féconde toute notre vie et nos actions, pour Sa seule gloire et le salut du monde.

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